Il y a des mois que le conflit du Moyen-Orient s’enlise dans les sables, les gorges montagneuses de l’Iran et les eaux verdâtres du Détroit d’Ormuz, sans qu’on puisse cerner et comprendre les motivations du Locataire de Washington, dont les prises de positions virevoltantes durent rarement plus que quelques heures.
À se demander si les membres du gouvernement américain parviennent à tenir la cadence de ces voltefaces incessantes, d’autant plus qu’elles ont conduit à se fâcher, souvent par des inepties, voire des grossièretés, avec l’Arabie Saoudite, le Royaume Uni, l’Inde, les Emirats, le Saint-Siège même (plus de 20% des Américains sont catholiques !) pour n’en citer que quelques-uns.
S’attaquer à un vaste pays comprenant 31 états décentralisés, fonctionnant en autonomie depuis des décennies, sans parler de son relief rebutant avec des dizaines de villes souterraines, est une chimère.
Le tout traduit une méconnaissance de l’Iran, de son Histoire millénaire et même de ses finances, assez saines, puisque la dette publique atteint à peine 25% du Produit intérieur brut, avec cette conséquence que le blocage du détroit le concerne moins que ses ennemis du moment qui enregistrent une envolée du prix du carburant et, ce qui est beaucoup plus grave, une forte réduction de la production d’engrais et de gaz rares avec des conséquences catastrophiques imminentes dans la domaine de l’agriculture, surtout aux USA pour qui le nouveau conflit représente déjà un poids dont le pays, lourdement endetté, n’aurait guère besoin.
Au sujet de la guerre à proprement parler, l’alliance avec Israel ne s’avèrera pas profitable à la longue pour ce dernier, coutumier d’une approche plus subtile du règlement de la situation : la « termiditation », néologisme favori du Professeur Alain Bauer, criminologue connu des chaines de télévision françaises. Le principe est simple : au fil du temps, Israel grâce au Mossad, a progressivement infiltré les rouages du pouvoir iranien, grignotant ce dernier par l’intérieur, à l’instar des termites qui détruisent une charpente qui, de l’extérieur, parait intacte. Cette façon de procéder échappe à l’entendement du Commandant en chef américain qui préfère larguer des bombes ou envoyer sur place des porte-avions gigantesques. Mais, avec quelle finalité ? C’est précisément le nœud du problème.
Deux reproches sont adressés à l’Iran : tenter de fabriquer une bombe atomique et financer divers groupes rebelles de la région, les Houthis, le Hezbollah et bien entendu le Hamas.
Israel est bien entendu concerné par la fabrication de bombes par son ennemi juré ainsi que par l’aide matérielle accordée aux mouvements terroristes, mais qu’en est-il des Etats-Unis ? Ils sont fort éloignés de la région ; des océans les en séparent.
« Drill, drill, drill ! » insistait avec véhémence le président. Creusons la question et regardons les réserves de pétrole dans le monde : en tête se trouve le Vénézuéla (tiens, tiens !). En troisième position figure l’Iran (nous y voilà !). En milieu de la liste, on trouve les Emirats Unis avec le coût d’extraction le plus bas au monde et … un grand nombre de bases américaines qui ont subi des bombardements iraniens. Quant aux USA, ils détiennent les réserves les plus basses des grandes puissances.
Leur pulsion irréfléchie a entrainé toute la région dans un conflit sans queue ni tête, aux conséquences indéterminables en termes de prix de l’énergie, sans parler des perturbations de trafic maritime, le tout face à deux spectateurs hilares : la Chine, qui vient d’humilier l’Amérique avec un accueil présidentiel piètrement insultant, et la Russie – un duo trop heureux de voir son principal challenger s’embourber pour longtemps.
En termes d’investissements, on observe l’envolée des taux obligataires, témoignant du climat d’incertitude créé par le « loco » de service. D’ailleurs, le sentiment de confiance des Américains à l’égard de l’économie est au plus bas depuis la création de l’indice en 1952 ! Dans le domaine des actions, on se concentre sur les mêmes : les valeurs de pétrole, l’armement et les nouvelles technologies, en favorisant les entreprises européennes.
