Il y a plusieurs années, un célèbre commentateur financier, évoquant la ruée vers l’or, avait rappelé que dans cette formidable épopée, les vrais gagnants ne furent pas les orpailleurs au destin incertain, mais bien les fabricants et marchands de pelles et de pioches qui firent fortune, que leurs clients fussent gagnants ou perdants, voire ruinés, dans l’aventure.
En l’extrapolant, on peut tracer un parallèle entre cet épisode et le monde des investissements. Prenons un exemple récent, celui des « 7 magnifiques » : Apple, Microsoft, Amazon, Alphabet, Nvidia, Meta et Tesla ; elles eurent un parcours boursier éblouissant jusqu’à la fin 2025 et le début de l’année en cours avant de caler brusquement et amorcer des baisses prononcées, à l’exception de Microsoft.
En revanche, d’autres entreprises moins tonitruantes surent maintenir leur cap, ainsi qu’elles le font depuis des décennies, tout en servant et accroissant leur dividende.
Dans le langage professionnel courant, on les qualifie de « boring stocks » ou actions ennuyeuses, bien qu’elles ne déméritent en aucune façon et puissent constituer un fond de portefeuille de grande qualité. Elles font souvent partie des services aux collectivités, en France notamment avec Veolia (cycle de l’eau, gestion des déchets et gestion de l’énergie), Engie (production énergie, éolien, solaire, biogaz etc.), Séché Environnement (traitement des déchets, énergie de récupération) ou encore Elis, très peu connue (blanchisserie industrielle et nettoyage).
À noter que ces entreprises « ennuyeuses » ont non seulement accru annuellement leur dividende, mais dépassé systématiquement le CAC, l’indice français de référence. Dans le contexte mondial d’élévation de la température terrestre entrainant une raréfaction de l’eau, une mention particulière doit être attribuée à Veolia, article de tête dans ce domaine et position incontournable et pérenne dans les portefeuilles.
Traversons l’Atlantique ; les marchés américains recèlent nombre de compagnies, certes moins flamboyantes que les nouveaux acteurs de la technologie, mais qui ont le mérite de l’ancienneté et de la fidélité à l’égard de leurs actionnaires, sans compter que certains de leurs produits basiques interviennent dans l’élaboration d’inventions avant-gardistes.
À cet égard, à cet égard, on peut citer les noms de Dover Corp. (vannes et joints), Emerson Electric (instruments de mesure), Duke Energy (transport de gaz naturel) ou la plus connue, Johnson & Johnson (produits pharmaceutiques éprouvés). Toutes ces sociétés tiennent le cap dans des périodes troublées telles que celle que nous affrontons depuis des semaines en conservant jalousement leur titre d’Aristocrate du dividende (plus de 60 ou 70 années de distribution ininterrompue) sans oublier qu’elles aussi ont surperformé les indices de référence.
Quelles soient européennes ou américaines, ces « vénérables » entreprises ne déméritent pas et doivent garder une place privilégiée dans les portefeuilles.
On ne saurait terminer cette chronique sans évoquer la chienlit du Moyen-Orient avec trois échecs patents : l’inaccessibilité du détroit d’Ormuz, la résilience des gardiens de la Révolution iranienne et l’absence de révolte massive dans le pays. Est-ce à dire que nous devons renoncer à tout investissement ? Pas forcément, d’autant plus que la situation risque de perdurer ; dès lors, il convient de renforcer les actions pétrolières, l’or et les aurifères, sans oublier, malheureusement, l’industrie de l’armement qui a de beaux et tristes jours devant elle.
