Warren Buffett, déconcertant ou déconcerté ? – Septembre 2025

Le créateur de Berkshire Hathaway est l’un des meilleurs investisseurs au monde. Il ne succombe pas aux effets de mode, mais s’attache aux entreprises de qualité dont il connait et comprend l’activité, dans une optique à long terme. Il a…

Le créateur de Berkshire Hathaway est l’un des meilleurs investisseurs au monde ; il ne succombe pas aux effets de mode, mais s’attache aux entreprises de qualité dont il connait et comprend l’activité, dans une optique à long terme. Il a coutume de répéter : « Si vous n’acquérez pas une action pour dix ans, cela ne vaut pas la peine de la détenir pour 3 jours. ».

Ceci rend d’autant plus énigmatique sa décision d’il y a un peu plus d’une année de vendre massivement des positions Apple et Bank of America qu’il détenait depuis des lustres, pour un montant dépassant les 300 milliards de dollars, qu’il aurait placés en Treasury bills, avec des échéances étalées dans le temps. Le rendement est assez correct, si l’on fait abstraction de la glissade du dollar, qui a quand même perdu plus de 10% par rapport au franc suisse, ce qui ne doit guère l’émouvoir, mais aussi plus de 10% face à l’Euro, ce qui est plus significatif.

Depuis des décennies, le célèbre investisseur n’a jamais raté une occasion, ne serait-ce que lors des grandes messes d’Omaha, de vilipender l’or, son inutilité, voire son caractère vain, dressant un parallèle avec l’évolution concrète du prix de l’action d’une bonne entreprise ou la rentabilité d’un bon lopin de terre.

Seuls les imbéciles ne changent pas d’opinion et Warren Buffett est tout sauf un têtu obstiné. Il a certainement dû observer l’évolution du prix de l’or au cours des derniers mois (presque 30% depuis le début de l’année), favorisée par une stratégie de dédollarisation des banques centrales au profit d’autres devises, mais surtout vers le métal jaune dont les achats devraient se poursuivre dans l’avenir. L’extravagante politique américaine en matière de taxes devrait aussi avoir jouer un rôle.

Quoi qu’il en soit, il ne faut guère s’attendre à ce que le sage d’Omaha acquière des lingots pour son fonds ; en revanche, il pourrait manifester un intérêt à l’égard des producteurs dont les actions traitées en bourse assurent une rentabilité prouvée qui ne peut aller qu’en croissant. On constate d’ailleurs que le volume des transactions en actions aurifères ne cesse d’augmenter. Y aurait-il du Buffet derrière ? Ce n’est pas exclu !

Rappelons que le célèbre investisseur en dépit de son âge a une stratégie à long terme. Il ne serait certes pas attiré par une petite mine dont le prix pourrait exploser et disparaitre peu après. En revanche, une grande aurifère, avec des réserves prouvées pour quelques décennies serait susceptible de retenir son attention ; une seule correspond à ces critères : Newmont, qui a des réserves prouvées représentant le montant pharaonique de plus de 440 milliards de dollars.

Depuis quelques mois les échanges d’actions de mines d’or, dont Newmont ont fortement crû. Le sage d’Omaha y serait-il pour quelque chose ? L’avenir nous le dira.