L’intelligence artificielle est devenue notre pain quotidien, pour beaucoup sous forme de sketches mettant en scène Trump offrant des fleurs à un Poutine rougissant ou Netanyahou jouant du ukulélé avec Zelensky.
Sur un ton plus pervers, fleurissent des articles, inventés de toutes pièces, vantant les avantages de placements recourant à l’AI, avec des performances mirobolantes nécessitant un modeste investissement de départ de 250 francs suisses ou euros, le tout à grand renfort de déclarations et de clichés de personnalités connues, dont des conseillers fédéraux ou autres personnages publics ; on peut d’ailleurs s’étonner que de tels montages ne suscitent pas de réactions officielles, car il ne faut pas se leurrer : si un esprit averti peut débusquer l’escroquerie, il n’en est de loin pas de même pour un profane naïf qui se laissera abuser.
Prenons de la hauteur et revenons à une précédente chronique où nous avions développé, en les résumant, les anticipations du Professeur Harari, énumérées dans son ouvrage « Sapiens » : l’auteur prévoyait que d’ici les 20 ou 30 prochaines années, notre vie serait complétement bouleversée, remodelée de fond en comble en raison des avancées technologiques, aboutissant à la disparition de la plupart des métiers où l’intervention humaine serait remplacée par des robots.
Rien n’a changé dans ces prévisions hormis l’accélération du processus ; tout l’équilibre fondé sur le travail pourrait s’effondrer avec un taux de chômage mondial qui pourrait dans quelques années avoisiner les 50%, jusqu’à 90% dans les secteurs les plus vulnérables. Les acteurs misanthropes de la nouvelle technologie n’en ont cure et se focalisent sur leurs inventions sans en mesurer les répercussions sociales.
Ces dernières se concrétisent déjà : Amazon emploie à ce jour plus de 750’000 robots pour les fonctions de tri et de manutention ; dans le domaine des machines agricoles, John Deere commercialise des tracteurs autonomes pour labourer des terrains sans conducteur ; des centaines de milliers de trajets sont parcourus chaque semaine dans plusieurs villes américaines par les voitures de Waymo sans chauffeur. Cet été, le premier concessionnaire au monde de robots humanoïdes ouvrira un magasin à Pékin.
Inutile de rappeler que le robot ne se fatigue jamais, n’est jamais malade et coûte beaucoup moins cher qu’un humain ! Or, l’IA, logicielle ou physique va progressivement remplacer jusqu’à 60% des emplois. Dans une dizaine d’années, si la tendance se confirme, seule une personne sur cinq aura un travail ; mais qu’en sera-t-il des allocations chômage, des retraites, des prestations sociales en général ?
Le roi des « misanthropes » évoqués plus haut, Elon Musk, qui veut inonder la planète de ses robots « Optimus » à quelques milliers de dollars, a inventé une solution qui lui convient : le revenu universel de base, versé à celui qui ne fait rien, en lui permettant de manger, de se loger et de s’offrir des plaisirs simples. Séduisant ? Pas si vite. Certes, des entreprises débarrassées de la plupart de leurs employés, enregistreront des bénéfices faramineux, largement suffisants pour financer la rente. Les bénéficiaires, cependant, prendront ce qu’on leur donne, sans possibilité de s’émanciper ou de s’enrichir faute de débouchés.
En raison du manque de place et de temps, nous n’aborderons pas la question de la catastrophe sociale et psychologique mondiale qu’entraînerait ce repos forcé ; tout un chacun ne bénéficie pas forcément d’un hobby ou d’un talent, peinture sur porcelaine ou dressage d’animaux, cette oisiveté risquant de conduire à la délinquance violente, l’alcoolisme ou pire encore.
Tout espoir n’est cependant pas perdu : dans ce climat d’hyper modernité, on peut se pencher sur les grimoires et les expériences des temps passés, en concluant que celui qui garde une indépendance financière, même modeste, non seulement survit, mais s’enrichit.
Il y a des années que nous insistons sur la nécessité de conserver en permanence une quantité d’or ; ce qui se passe actuellement conforte cette position qui doit être accompagnée par des investissements dans le secteur même qui va détruire notre Société, à savoir les semi-conducteurs et les entreprises annexes ; quelques raisons sociales connues, Nvidia, Broadcom, Apple, Microsoft, ASML et Samsung Electronics, en partant du principe qu’on ne parle pas de prises de participation de courte durée, mais bel et bien à long, voire très long terme.
Posséder du capital sera la seule façon de s’émanciper au-delà du revenu universel de base et de conserver une certaine autonomie et sa dignité, sans miser uniquement sur la solidité et la pérennité incertaine des caisses de pensions. Soyons prêts !
