Depuis des semaines, voire des mois, il ne se passe guère de jour sans que la presse mentionne le nom de Janet Yellen, 15ème Gouverneur de la Banque fédérale.
En fait, l’Américaine ne se distingue que peu de ses collègues des autres banques centrales qui sont persuadés que la croissance et la relance de l’économie dépendent de taux bas ou inexistants et d’un déficit chronique et croissant dans la pure tradition keynésienne dont on a éprouvé les limites. En fait, les taux bas ou négatifs constituent un encouragement à la spéculation, les opérateurs recherchant à tout prix un soupçon de rendement que seules des actions peuvent leur offrir à défaut de le leur garantir pour l’éternité ! Il n’y a qu’à voir les efforts désespérés, pour ne pas incommoder leurs actionnaires, des compagnies pétrolières dont un grand nombre est contraint de puiser dans les réserves afin de maintenir leur dividende.
Le déficit évoqué plus haut représente un accroissement du rôle et une mainmise de l’État sur l’économie au détriment du secteur privé, par l’engagement de fonctionnaires supplémentaires.
La plupart du temps, les gouverneurs des banques centrales ont une expérience professionnelle qui se limite à un enseignement académique, rarement à l’économie réelle, hormis quelques-uns qui ont fréquenté des banques d’affaires dont on parle d’ailleurs souvent trop.
Cette vision par trop étroite et angélique les amène souvent à doubler le mise dans le rachat d’obligations étatiques, quitte à s’égarer eux-aussi dans le monde des actions, ce qui en soi est un moindre mal, mais remet néanmoins en cause leur objectivité et leur compétence ; des fonds souverains comme celui de la Norvège, mieux outillés et expérimentés, seraient plus adéquats.
Le récent exemple britannique en témoigne ainsi que les récentes élections de protestation qui ont eu lieu en Italie, en Autriche ou en Allemagne pour ne citer que quelques cas, ou l’incapacité de ce dernier pays, grand donneur de leçons devant l’Eternel, à sauver l’acteur mondial qu’est la Deutsche Bank, confirmant sur un autre plan qu’en matière d’investissements boursiers, les banques, qu’elles soient européennes ou américaines, sont devenues infréquentables.
Les peuples concernés sont de moins en moins indifférents à ces dérives.
Cette gestion maladroite et même inquiétante, lorsqu’il s’agit de vote populiste à connotation nostalgique d’une époque sombre, témoigne cependant d’un ras-le-bol des populations concernées qui comprennent intuitivement que les politiques monétaires appliquées sont dangereuses.