De l’inconvénient de rater le coche – 05.2021

En fonction des pays ou des puissances d’alors, la seconde partie du 19ème siècle connut des fortunes diverses, voire des expériences qui avec le temps paraissent invraisemblables. Quand on pense à ces malheureux instituteurs français chargés d’enseigner à de jeunes Africains ou aux adolescents de ce qu’on appelait la Cochinchine, que leurs ancêtres étaient de chevelus Gaulois, ou des Britanniques, aux Indes, inculquant les valeurs du cricket, apanage de l’Empire britannique, ou peuplant l’Australie en friche des rebuts de leurs bagnes, on peut se poser des questions au sujet des valeurs colportées en ces temps-là.

Sur un ton infiniment plus dramatique, on peut aussi se remémorer la ghettoïsation mortelle par les Américains, nouveaux venus, de ce qui subsistait des tribus indiennes, natives elles,  décimées par l’alcool et les maladies importées d’Europe. On ose à peine évoquer que cette méthodologie de l’anéantissement fut reprise des décennies plus tard par des régimes odieux.

Pendant ce temps-là, la Suisse quelque peu commotionnée par la guerre intestine du Sonderbund, développait avec brio son industrie et en premier chef, la chimie et surtout la pharmacie. De cette époque datent ce qui allaient devenir les Roche et autres Novartis, fruits de multiples fusions et rapprochements. Il serait fastidieux d’énumérer les inventions pharmaceutiques d’alors qui vont des sirops pour la toux à l’origine, aux vitamines, sans oublier la gamme des antidépresseurs et surtout les diagnostics.

On peut dès lors s’étonner que notre pays avec une telle expérience, n’ait pas joué et ne joue pas de rôle plus important dans la recherche sur le Covid-19, ses protocoles de guérison et ses vaccins. Pourtant, le Conseil fédéral, sans contraindre à trop de limitations et de frustrations, a finalement bien manœuvré dans le combat contre cette pandémie, phénomène nouveau pour notre époque et qui  a demandé des trésors d’improvisation et de tâtonnements.

Mais, comment se fait-il que dans la recherche de diagnostics, de thérapies et de vaccins notre pays ait été tenu à l’écart et se soit reposé sur l’étranger? Cette lacune provient-elle de l’Exécutif ou d’une modestie inexplicable des entreprises intéressées ? On ne le sait, et c’est dommage, car avec le prestige de la Suisse, un vaccin local ou une thérapie ciblée aurait connu un succès immédiat.

L’honnêteté oblige à reconnaitre qu’en son temps avec Berna Biotech, la Suisse était parfaitement équipée pour affronter ce genre de situations ; il est vrai aussi qu’au gré des fusions et rachats et compte tenu de la faible rentabilité des vaccins, la spécialité disparut progressivement.

Soyons cependant objectifs, notre pays avec le concours de Lonza, a collaboré peu ou prou à l’élaboration du vaccin Moderna en produisant son principe actif. Dans un autre domaine, le spécialiste de la logistique, Kuehne et Nagel grâce à son équipement spécialisé, a pu assurer le transport des vaccins avec toutes les garanties de sécurité. Roche enfin, grâce à sa participation dans Regeneron et ses anticorps, est entré finalement et tardivement  dans la course. On suppute d’ailleurs que ce fut le traitement administré à D.Trump.

C’est dommage qu’il n’y ait pas eu davantage de synergie entre le politique et l’industrie, encore que l’élimination totale du Covid-19 prendra malheureusement du temps et nécessitera d’autres moyens de prévention et de guérison, incitant notre pays à utiliser sa capacité d’innovation, permettant de rattraper le coche en marche.

Soit dit en passant : dans un domaine différent, mais pas totalement éloigné de la médecine, eu égard à certains de ses produits, il serait peut-être avisé de jeter un coup d’œil sur Air Liquide. Créée il y a plus de 120 ans, la société est le « chouchou » des investisseurs français qui respectent son sérieux, sa croissance régulière et sa politique d’attribution régulière d’actions gratuites. En l’occurrence, elle mérite une attention particulière en tant que principal producteur d’hydrogène dont l’utilisation sera exponentielle dans le domaine des transports terrestres et même aériens.

 

Derrière chaque nuage se cache le ciel bleu – 04.2021

Depuis plus d’une année, ce ne sont pas les nuages qui ont manqué ; nous avons tout eu : le brouillard, les nuées menaçantes, l’obscurité inquiétante, les éclairs mêmes, bref, tout de nature à mettre en pièces notre mode de vie et notre capacité d’envisager l’avenir.

Fin 2020 pourtant, très progressivement la lumière commença de revenir au gré des progrès en matière de thérapies contre le Covid-19 et de la diffusion des vaccins destinés à la prévenir, encore que tout le processus eût été marqué par un invraisemblable pataugeage en termes d’organisation. Que ce soit aux niveaux des Nations Unies, de l’OMS, il est vrai ébranlé par les attaques et lâchages du grand blond, de la Communauté Européenne ou des gouvernements de la planète, la réaction à la pandémie et la lutte contre celle-ci furent lamentables, témoignant d’une désorganisation, d’une absence de perspective et de simple bon sens.

Espérons qu’à force de farfouiller dans les planètes, on n’y découvre pas une civilisation, aux représentants aux yeux en amande exophtalmiques ou caractérisés par des tentacules humides et inquisiteurs, malintentionnée à l’égard de notre pauvre Terre, engoncée dans ses contradictions ! La prise de conscience serait pitoyable, chaque nation étant victime de son égoïsme et de son étroitesse d’esprit.

Mais revenons à nos moutons terrestres ; on s’attendait à une reprise économique en U, elle ressemblera plutôt à un V, comme vaccin. Le frémissement de l’inflation observée un peu partout est un bon signe : le tassement momentané  de la production de biens  face à une demande en augmentation.  

On  peut donc  légitimement s’attendre à un net rebond des bénéfices d’entreprises étouffées par le virus, et au soutien qu’apporteront, en Europe par exemple, les incitations budgétaires et les injections de liquidités des banques centrales. Beaucoup de firmes ont profité des circonstances pour réduire leurs coûts et améliorer leur efficacité opérationnelle ; le plan de relance de 750 milliards d’euros annoncé en juillet 2020 et voté à la fin de l’année a témoigné de la cohésion des dirigeants européens.

L’accent sera mis sur le changement climatique, la technologie ainsi que la santé. La zone euro va retrouver son rôle d’arbitre entre les Etats-Unis et la Chine.

Nous allons progressivement revenir à un climat plus paisible après quatre années d’agitation stérile.

Des rayons transparaissent des nuages ; outre les grands indicateurs économiques en notable progression, on observe aussi des phénomènes ponctuels mais révélateurs : Accor par exemple dont plus de 80% des hôtels ont rouvert, EMC et d’autres compagnies qui ont repris leurs croisières ou les actions de Dufry ou de l’Aéroport de Zurich qui se sont brusquement réveillées, sans évoquer les compagnies de transport aérien, probablement des mois avant que le trafic-voyageurs ne redémarre sensiblement. Il convient à cet égard de se souvenir de l’incroyable capacité d’’anticipation de la Bourse qui décèle les perspectives des marchés bien avant les analystes fondamentaux.

Pour l’heure on constate que la reprise marquée est en grande partie le fait de la Chine dont le réveil est précurseur de mouvements d’amplitude mondiale. Le luxe, encore lui, y a démarré en fanfare, favorisé par la période de fêtes ainsi que les restrictions de voyages favorisant la propension à acheter sur place. A titre anecdotique, mentionnons que lors de son premier jour de réouverture à Canton, le magasin d’Hermès a connu un mouvement d’affaires de près de 3 millions d’euros.

Les demandes d’infrastructure ne sont pas en reste et requièrent la collaboration de grandes entreprises allemandes et françaises dans le domaine de la digitalisation et de l’automation. Autre signe qui nous concerne directement en Suisse, l’affaiblissement relatif de notre monnaie par rapport à l’euro, le dollar et même la Livre sterling, ce qui témoigne d’une moindre recherche de sécurité, qui, en l’occurrence, est favorable pour nos exportations.

En passant, notons que l’amélioration de la devise anglaise est peut-être le signe d’une reprise en main de la Grande-Bretagne après la déconfiture du Brexit. Dans notre pays, on s’attend aussi à un rebond au cours du deuxième trimestre qui devrait se prolonger par la suite, avec une croissance de plus de 2% au cours de l’année prochaine.

Le monde aura connu une année et demie de congélation progressive des esprits et des affaires ; la banquise se disloque enfin. Il était temps.Soit dit en passant : dans le carnet des potins mondains, signalons que  le Prince français Kering a voulu se pencher sur la princesse helvético-sud-africaine, Richemont, assoupie et léthargique depuis de nombreuses années, dans l’espoir de la réveiller, sans grand succès.

D’aucuns, même en Suisse, ne la connaissent pas et la confondent parfois avec un hôtel de Genève qui a eu son heure de gloire avant de tristement sombrer. Rappelons que la belle endormie bénéficie d’une dot prestigieuse, avec parmi ses joyaux : Cartier, Piaget, Montblanc , Van Cleef & Arpels, Vacherin-Constantin ou Baume&Mercier pour n’en citer que quelques-uns parmi une vingtaine. Sa capitalisation est presque quatre fois celle de Swatch ou une fois et demie celle du Crédit Suisse. Il y aura bien un jour un autre prétendant plus séduisant et convaincant, à moins que la princesse ne jette elle-même son dévolu sur un autre noble, friand de convoler.

 

Arcade à remettre – 03.2021

Pour des raisons que tout le monde connait, on n’effectue guère de voyages depuis bientôt près d’une année ; au vu des reportages suisses et étrangers, on arrive partout au même constat: les rues se désertifient et les vitrines aveugles sont légion. Les commerces dits « non essentiels » ont dû mettre la clef sous la porte dans l’attente d’hypothétiques repreneurs, pour l’instant timorés. Cette évolution n’est cependant pas totalement nouvelle et remonte à près de 20 ans, après le 11 septembre 2001.

Traumatisés à jamais par la vision des tours jumelles en train de se volatiliser et des nuées de fumées toxiques s’en dégageant et remontant les rues adjacentes, des consommateurs new-yorkais ont remis à jamais leurs projets d’achats classiques pour se tourner vers les commandes en ligne, d’autant plus que la majorité des biens recherchés ont succombé à une standardisation qui rend aisée leur identification ainsi que leur acquisition à distance.

D’ailleurs, en parcourant une ville, on s’aperçoit que la plupart des gens, et singulièrement les plus jeunes, sont tous habillés de la même façon ; d’autres domaines n’échappent pas à la tendance : même les voitures se ressemblent pratiquement toutes ; idem pour les meubles, les appartements ou les maisons qu’on peut visualiser, voire concevoir au moyen d’un casque de réalité virtuelle.

Or, sans chalands, les magasins meurent et, sans magasins, le public s’en va. Certes, bien des municipalités ne se sont pas rendues sans combattre ; elles ont entrepris toutes sortes d’initiatives, allant d’animations ponctuelles à la mise à disposition de bons d’achat avec escompte, mais le mouvement est irréversible et tout à l’avantage de petites agglomérations, même d’accès difficile : « Small is beautiful ».

La cible idéale est devenue une ville de 20’000 habitants, à visage humain, avec son identité, son histoire locale, la proximité de la mer, de la neige ou de la campagne, sans trop de nuisances ou de problèmes de sécurité. Les ventes immobilières en témoignent : les villas de périphérie, les appartements dans les stations de montagne ou balnéaires sont recherchés et voient leurs prix augmenter régulièrement. Rompant avec un mouvement d’abandon datant de plus d’un siècle et demi, les campagnes tiennent enfin leur revanche.

Il va sans dire que cette lente évolution a été exacerbée par le Covid-19 avec un certain nombre de changements de mode de vie du tout-un-chacun. Le plus important d’entre eux est indiscutablement le sentiment d’isolement éprouvé par un pourcentage important de la population qui a subi et subit encore des traumatismes psychiques, preuve en est les agendas pleins à ras-bord des psychiatres et autres psychologues.

Il ne faut pas se bercer d’illusions : au-delà d’un certain âge, le confinement mal vécu entraînera des séquelles irréparables. Cette catégorie de clientèle acquise est rêvée pour le commerce en ligne, dont la livraison de repas, envers qui elle gardera sa fidélité. Il y a des habitudes dont on ne se départ pas.

Le tourisme sortira ébranlé par la pandémie d’autant plus que cette dernière concerne pour la première fois dans l’histoire l’ensemble de la planète en dehors de quelques îles éparses. Le public va bouder pour longtemps les rassemblements populaires et les voyages à l’étranger, contraignant nombre d’entreprises, dont les compagnies aériennes, à mettre la clef sous la porte bien que la crise que nous traversons doive ouvrir la voie à un changement systémique et une économie plus durable.

Autre évolution qui risque de nous toucher plus intimement, la surveillance accrue des individus par géolocalisation ou caméras de reconnaissance faciale. Ces procédés qui ont permis de lutter avec efficacité contre le Covid-19 à Taiwan et en Corée du Sud, risquent bien de faire tache d’huile, sans parler des systèmes de surveillance qui ont déjà envahi nos parcs et nos rues.

Quant au télétravail évoqué dans une précédente chronique, il risque bon an mal an de s’institutionnaliser au grand dam des possibilités de développement, de cohésion et d’enrichissement professionnel que seul le travail en communauté peut susciter, sans parler des risques de délocalisation, de remplacement des intéressés par du personnel meilleur-marché, voire de disparition des postes concernés.

Il est évident que compte tenu de ces évolutions, parmi les thèmes d’investissements, les achats en ligne ont connu une croissance exponentielle dans les produits de grande consommation notamment, et d’une façon inopinée, en faveur des imprimantes, fort recherchées pendant le confinement. Des entreprises à mi-chemin entre le luxe et la grande consommation, comme l’Oréal, aux articles chics et réputés, aisément identifiables sur le Net, se sont adaptées quasi instantanément à la situation nouvelle en promouvant efficacement leurs ventes en ligne.

Nos lecteurs le savent : nous privilégions, parmi d’autres, le luxe dans nos investissements ; paradoxalement, il a explosé ; Hermès, par exemple étant le leader 2020 du CAC 40, comme si les acheteurs brimés par leur « confinement » avaient voulu, soit se gâter eux-mêmes, soit favoriser leurs proches. L’industrie pharmaceutique quant à elle, a imperceptiblement souffert, quoique ses résultats doivent bientôt être « boostés » par la vente de vaccins.

Bien sûr, la vie normale reprendra bientôt, mais pas sous une forme de « copier-coller » ; il est fort à parier que les arcades actuellement vides, se tourneront vers des articles moins futiles et éphémères, orientés sur le renouvelable et les nouvelles technologies. Dans l’astrologie chinoise, 2020 fut l’année du Rat, pas forcément négative, mais nappée de préjugés. Il a été remplacé par le Buffle de Métal, associé à des marchés porteurs. Le buffle travaille laborieusement à construire avec sang-froid et lucidité vers des horizons lumineux. Souhaitons-lui bonne chance. Qui dit buffle pense à Bull!

Soit dit en passant : l’Oréal, mentionnée précédemment constitue l’une des positions inamovibles de nos portefeuilles. Rappelons qu’elle est détenue à raison de 27% par Nestlé qui n’effectue pas d’investissements à la légère !

 

Et ouf, on respire, et ouf ça va mieux ; et ouf, on s’en tire, on peut remercier le bon Dieu ! (Chanson de G.Guétary 1915-1997) – 02.2021

Ouf, le 20 janvier est enfin passé : le grand blond est retourné en Floride, avec sa cohorte de blondes, elles-aussi, non sans nous avoir créé des sueurs froides, avec l’invasion ignominieuse du Capitole par ses hordes de nazillons dépenaillés, et l’angoisse qu’il veuille marquer la fin de son règne du sceau d’un feu d’artifice nucléaire.

Nancy Pelosi l’avait bien redouté en prenant contact avec l’Etat-major des armées afin de tuer dans l’œuf toute ultime velléité d’embraser la planète. A noter que l’intéressé quitte la scène avec les plus mauvais sondages depuis l’époque de H.Truman.

Il appartient maintenant au brave J.Biden et à son équipe de ramasser les bris de verre et de rafistoler un édifice mis à mal par 4 ans d’incongruités, dont la négation obstinée de s’attaquer au Covid-19. Au flamboyant pyromane succède un homme du sérail, fin connaisseur de l’administration et de toutes ses tendances politiques, immense atout dans le monde convulsé qu’il devra affronter.

Il pourra néanmoins bénéficier de l’appui du Sénat à majorité démocrate si l’on tient compte de la voix déterminante de la vice-présidente élue, Kamala Harris, lui permettant d’augmenter aisément le plan de soutien budgétaire à l’économie en recourant à encore plus d’emprunts, ce qui explique la hausse des taux à 10 ans.

Les Gafam seront confrontés à plus de réglementation, ce qui en soi n’est pas un grand mal, alors que les pharmaceutiques pourront souffrir d’une pression sur le prix des médicaments.

Quatre immenses chantiers attendent le nouveau président : remettre en forme le tissu social mis en lambeaux par son prédécesseur, s’attaquer réellement au Covid-19, renouer un dialogue constructif avec la Chine, et s’attaquer aux questions climatiques.

Si l’on veut comprendre le déchirement du tissu social américain, il faut se souvenir que la mentalité des USA est totalement différente de l’européenne. Il existe dans le pays une défiance viscérale à l’égard du pouvoir central. Tout ce qui provient de Washington est d’emblée suspect, et les valeurs sont différentes. Les faillites successives de l’ancien locataire de la Maison Blanche sont interprétées comme autant de capacité à rebondir ; le fait qu’il soit parvenu à échapper à l’impôt est le signe d’une astuce admirée ; sa grossièreté à l’égard des femmes correspond à une vassalité courante au centre des Etats-Unis. Son refus de considérer la gravité de la pandémie est une manifestation stupide de supériorité physique  d’un autre âge ; dans un pays où l’on peut recourir facilement à l’armée et ses talents, la vaccination à une grande échelle devrait être une simple formalité.

Recréer un tissu social ne passe pas seulement par une distribution de chèques selon la méthode dite de l’hélicoptère bien que M.Biden soit conscient qu’il y a urgence et qu’il prévoit un plan de 1’000 milliards de dollars d’aides directes aux ménages, 440 milliards de soutien aux petites entreprises et aux municipalités et 415 pour lutter contre le Covid-19.

Les Américains percevront des chèques de 1400 $, davantage que les 600 versés dans le premier plan de relance. L’allocation de chômage sera portée à 400$ par semaine contre 300 actuellement. Le salaire minimum  devra être augmenté à 15$ par heure contre 7.25 actuellement. Des crédits budgétaires conséquents seront prévus pour la lutte contre le réchauffement climatique.

Tout ceci devrait conduire à une reprise de l’économie et à plus d’inflation, avec en contrepartie une augmentation du taux d’impôt des sociétés qui augmenterait de 22% à 28% pendant son mandat, bien en deçà des 35% qui était la norme avant l’arrivée de M.Trump.

Le nouveau président devra s’atteler à  redonner aussi de la confiance à une population dans son destin et sa capacité à surmonter les épreuves physiques grâce à un système de santé efficace, dans l’esprit du système du président Obama, mis en pièces par son successeur ! il n’est pas normal de devoir se retrouver à la rue pour des raisons de santé, mais là aussi il y a une question de mentalité, et cette triste éventualité ne révolte pas systématiquement les Américains  nantis.

Renouer avec la Chine est d’une évidence flagrante. Qu’on le veuille ou non, l’Empire du Milieu est  la grande puissance d’aujourd’hui et de demain. La seule façon de la contrôler consiste à créer autant de liens que possible avec elle, une manière élégante et efficace de la contenir et de la rendre dépendante. Il y a des myriades d’entreprises américaines qui ont déjà des usines en Chine, qui y font travailler des centaines de milliers de personnes ; on ne peut pas le nier.

Si les Etats-Unis se sont laisser envahir par des produits chinois, la responsabilité n’en incombe pas aux Chinois, mais bien aux Américains assoiffés de produits bon-marché et pas toujours indispensables, loin de là.  D’ailleurs, la Chine s’en est finalement bien tirée de la pandémie qu’elle a probablement provoquée ; elle est un acteur incontournable et l’élément central dans le développement de la région, encore plus, depuis qu’elle a créé avec 14 autres pays asiatiques le plus grand accord de libre échange mondial, couvrant près d’un tiers de la population mondiale et représentant près de 30% du PIB de la planète.

S’attaquer aux questions climatiques est d’une urgence absolue. Il est aberrant d’avoir pu voir un soi-disant leader assister sans broncher, des semaines, des mois durant, à des incendies ravageant le Californie ; il n’est pas exclu que mesquinement, il ait pu se réjouir des malheurs frappant un Etat traditionnellement démocrate ! Il faut de toute urgence reboiser, recréer des réservoirs, sauver les restants de faune, arrêter la construction de pipelines détruisant des régions entières, alors qu’on ne sait plus que faire avec une surproduction de pétrole.

Le président Biden a marqué un très grand point en ciselant la structure de son entourage politique et en choisissant des gens de qualité à l’expérience éprouvée, au détriment de commanditaires généreux comme son prédécesseur. Souhaitons-lui bonne chance ; son pays, l’Europe, le monde entier en ont grand besoin. Notre planète est trop exigüe pour avoir laissé un trublion mal-inspiré et haineux la détruire irrémédiablement, sans compter que ce retour à des visions plus saines aura des conséquences positives sur l’économie, qui en principe devrait se concrétiser à la sortie de l’hiver, vraisemblablement en avril ; Christine Lagarde l’a bien annoncé : «  Nos prévisions sont fondées sur des mesures de confinement jusqu’à la fin du premier trimestre ».

Il  y a effectivement des raisons d’espérer : le quatrième trimestre de 2020 a été solide pour nombre d’entreprises, de sorte qu’elles attaquent 2021 dans des conditions meilleures que prévues. Il ne faut pas trop s’inquiéter d’une légère remontée de l’inflation et des raidissements des taux ; dans ce domaine, la marge est grande ; on est fréquemment en dessous de zéro !

 

Télétravail, télémédecine ou tel est pris qui croyait prendre… 01.2021

Il serait vain de dresser un panorama financier complet de l’année 2020 ; tout au plus peut-on se limiter à citer l’envol fou des actions Tesla dont la capitalisation est maintenant un multiple de ses principaux concurrents, ou encore le départ en fusée des cours du Bitcoin, cité dans une précédente chronique.

Pour faire simple on se souviendra de deux fléaux, l’un pour lequel une multitude de vaccins sera prochainement à disposition, l’autre, un être hallucinant dont les phalangettes s’agrippent désespérément à la margelle surplombant les sombres oubliettes de l’Histoire ou plus prosaïquement d’histoires plus ou moins nauséabondes.

Les nouveaux bouleversements de la vie sociale provoqués par la pandémie du Covid-19 ne peuvent  laisser indifférent, car ils comportent en leur sein le germe de changements profonds qui ne sauraient être qu’épisodiques.

On peut comprendre, par exemple, le phénomène du télétravail, aussi longtemps qu’il se cantonne à des situations d’urgence où l’on pare au plus pressé pendant quelques semaines, à la limite quelques mois, mais guère davantage. Nombre d’entreprises qui y ont eu recours, ne l’entendent pourtant pas de cette oreille et veulent systématiser cette solution  d’exception.

Les dégâts sont déjà visibles : une nouvelle forme d’autisme où l’intéressé ne supporte plus de contacts, la quasi-impossibilité de parfaire sa formation, de se promouvoir,  d’échanger avec des collègues, de nouer des liens sociaux, sans parler de l’enfer que représente souvent le devoir de travailler dans un espace exigu, partagé avec de jeunes enfants ou perturbé par les nuisances du trafic ou l’impétuosité de voisins. Des travailleurs concernés l’ont bien compris et envisagent de déménager vers des locaux plus spacieux.

C’est alors que ponctuellement, la situation peut devenir un tantinet équivoque lorsqu’il s’agit de collaborateurs de banques qui devront recourir à un emprunt, facilement accordé par l’employeur pour satisfaire leur besoin de financement. L’entreprise intéressée fera d’une pierre deux coups : diminuer ses charges de loyers en raison de l’abandon de surfaces, et parfaire son bilan par l’octroi de prêts hypothécaires.

Parlons crûment : pour beaucoup, le fait de devoir recourir au travail, à la maison, comme on dit est l’antichambre du renvoi, d’autant plus que les considérations sociales ne sont plus d’actualité et ne régissent plus la stratégie des grands établissements, obnubilés par la seule recherche d’un  profit immédiat.

Dans un autre domaine, la télémédecine, elle non plus,  n’est pas la panacée ; l’incurie des gouvernements en matière de politique de la santé a engendré des déserts  médicaux. On se souvient de la triste histoire de cette parturiente française qui devait parcourir près de 400 kilomètres pour consulter son gynécologue.

On envisage maintenant un pis-aller,  l’édification de cabines médicales, comme des WC en plus spacieux,  ornées d’un  écran et équipées d’instruments de contrôle que le patient devra apprendre dorénavant à utiliser seul ; il lui appartiendra de mesurer sa tension ou sa température, d’ausculter son cœur en suivant les instructions données par écran. Qu’on puisse recourir exceptionnellement  à ces procédures de fortune se conçoit en pleine brousse ou au centre de l’Australie, mais pas dans des pays civilisés.

Que devient le contact avec un praticien de famille dont l’expérience fait gagner du temps, ou avec le pharmacien qui connaît les médicaments utilisés des années auparavant et leurs contrindications éventuelles avec de nouvelles prescriptions ? Il n’en résulte rien de positif hormis un désert relationnel qui vient jouxter le plus vaste désert médical évoqué précédemment. Les clivages précités mettent d’autant plus en relief la capacité de résilience d’une aristocratie d’entreprises qui ont refusé de modifier leur cap.

Toutes ont un point commun, la présence dans leur actionnariat des représentants des familles fondatrices, ne serait-ce qu’à raison de quelques pourcents. Ceci est suffisant pour qu’un certain état d’esprit pérenne, en dehors des seules considérations financières, assure et rassure les collaborateurs, même en période de tempête. Il n’y a pas besoin de chercher bien loin : près de chez nous, on trouve des Novartis, des Roche ou des Ems Chemie ; un peu plus loin, on peut citer l’Oréal, LVMH ou Hermès ; au delà des océans, il y a Johnson & Johnson, Wal-Mart ou d’autres.

Cette âme de l’entreprise, en dehors de la sérénité qu’elle comporte, a un autre mérite, assurer un comportement boursier moins heurté, et fréquemment supérieur sur le moyen et long terme aux concurrents de leur branche respective. C’est un aspect dont on doit se souvenir en investissant, en évitant le sentiment de  panique tel que celui qui s’est emparé de certains lorsque les marchés chutaient. Se souvenir à ce propos de mars 2020 où, à l’annonce de la pandémie, des actions de qualité ont baissé de 10, 20, 30% parfois davantage sans raison objective. Le redressement spectaculaire qui s’ensuivit en atteste, et devrait rester gravé dans les mémoires.