L’oncle d’Amérique aux poches trouées 04.2019

Il y a des mois qu’on parle de « shutdown », à savoir l’arrêt intermittent des activités gouvernementales aux USA en raison du jeu de poker menteur entre l’Exécutif et le Congrès à la suite du refus de ce dernier d’accorder une rallonge de près de 6 milliards de dollars pour la construction du mur devant séparer le pays de son voisin mexicain. Pour l’heure, le shutdown est, une fois de plus reporté de quelques semaines. Il est néanmoins pour le moins aberrant que le coût du shutdown en question a déjà dépassé, et de loin, la rallonge budgétaire réclamée par le Président et qui correspond à l’un de ses nombreux engagements électoraux fantaisistes.

Or, en Europe et a fortiori dans le reste du Monde, on identifie et on classifie les Américains en fonction de quelques noms : Bloomberg, Buffet, Gates, Zuckerberg et autre Bezos dont les fluctuations des fortunes gigantesques en raison des mouvements de la bourse font la une des journaux. Les indices boursiers américains semblent être la seule référence ou indice de bonheur du pays.

La situation de l’Américain lambda que l’on considère abusivement à l’étranger comme aisé est bien différente. Des exemples : 50% des citoyens ne possèdent pas les 400 dollars qui leur garantiraient l’accès aux urgences médicales tandis que 7 d’entre eux sur 10 ont moins de 1’000 dollars à la banque.

Dès lors, il n’est pas étonnant que pour les 800’000 fonctionnaires réduits à l’oisiveté forcée, le shutdown soit une catastrophe économique qui explique les queues à la distribution de repas gratuits (plus de 45 millions de personnes d’ailleurs y recourent déjà ponctuellement ou sur une base permanente) car si les salaires des intéressés se sont évaporés, les charges demeurent ; les loyers dans les villes moyennes sont de l’ordre de 1’800 dollars (le triple dans les grandes) alors que les salaires, pour les agglomérations importantes tournent autour des 4’000 dollars. Pour des raisons évidentes, nombre de parents doivent se résigner à envoyer leurs enfants dans une école privée au coût annuel de 15’000 dollars environ (à noter en passant la dernière du faiseur d’embrouilles de la Maison blanche qui veut punir financièrement les collèges qu’il a fréquentés et qui rendraient publiques ses notes obtenues !)

Parmi les adolescents les plus mal lotis, 1.5 million d’entre eux dorment dans des refuges pour sans abri ou une autre forme d’hébergement sommaire tandis qu’une bonne tranche d’entre eux font partie des 10 millions de personnes appréhendées annuellement par les policiers alors qu’un enfant américain sur cinq bénéficie de coupons d’alimentation. Plus de 2 millions de personnes sont incarcérées, souvent à vie, par exemple pour trois trafics de cannabis qui, entre parenthèses est en voie d’être légalisé dans un nombre croissant d’Etats de l’Union alors qu’il l’est déjà totalement dans le Canada voisin.

Le rêve américain du Président correspond à un Etat vieillissant, fragile, notamment en matière d’énergie par la vétusté des installations à la merci de la moindre panne sans oublier la dette stratosphérique. Le pays lutte désespérément pour conserver sa première place dans le monde en recourant parfois à des indices tronqués, voire truqués : un taux de chômage qui ne tient pas compte de ceux qui se sont découragés dans leur recherche d’emploi ou qui purgent une peine de prison, une inflation biaisée par la rotation avantageusement orchestrée de ses composantes, ou encore un nombre croissant de citoyens désespérés par l’abandon progressif de l’Obamacare.

Une infime frange de la population, obnubilée par de rapides gains en bourse, se voile la face et feint d’ignorer la détérioration de l’image du pays, consécutive à l’annulation brutale de traités internationaux laborieusement négociés au fil des présidences et dont la signature avait réussi à lui rendre sa place de leader moral dans le monde, autrement que par la force des armes. On peut rappeler à cet égard que les Etats-Unis entretiennent plus de 800 avant-postes à l’étranger qui ont contribué à atteindre un bien triste record, celui des morts, plus que tout l’axe du mal dans son ensemble (Russie, Corée du Nord et Iran) !?
 

Jeu de cash-cache 03.2019

Il y a environ 6 mois, nous avions consacré une chronique à la décision du gouvernement suédois de supprimer les transactions en cash y compris pour de menus achats comme le payement d’un café expresso ou d’un journal.

Nous étions arrivés à la conclusion que cette démarche s’adaptait à une population déjà ankylosée par un Etat providence, alors que le but en filigrane de l’exécutif consistait à mieux surveiller, voire assimiler par une persuasion financière contraignante, une population importante d’immigrés, plus ou moins hors contrôle et devenue majoritaire dans certaines agglomérations.

Suède et Suisse ont un certain nombre de points communs et il paraît intéressant d’observer l’éventuel degré de pénétration de l’aventure scandinave dans notre pays.

D’emblée, on constate qu’à l’écart de la digitalisation globale des moyens de payement, la Suisse reste férocement rattachée à l’argent liquide qui, contrairement à ce qui se passe autour de nous, regagne même du terrain depuis quelques années avec 70% des transactions. En moins de dix ans, à savoir jusqu’en 2017, billets et pièces ont progressé et représentent 11.4% du PIB soit un montant de plus de 76 milliards de francs. L’une des raisons invoquées pour abandonner les transactions en espèces, à savoir des délits économiques, ne se retrouve pas en Suisse, étant donné que ces derniers ont tendance à y régresser fortement.

Le maintien des pièces et billets est un aspect de la culture helvétique, à savoir la discrétion et la protection de la vie privée ainsi qu’une méfiance larvée à l’égard d’un interventionnisme exagéré des pouvoirs publics, à telle enseigne que les payements en cash auprès des offices postaux ont tendance à augmenter. En 2016, le Conseil fédéral a maintenu l’utilisation des billets de CHF 1’000.-(la plus grosse coupure en terme de valeur au niveau mondial) et la possibilité d’effectuer des payements en liquide à concurrence de CHF 100’000.–

Précédemment, l’évolution des taux d’intérêts vers zéro, même en dessous, encouragea la thésaurisation, surtout des billets de CHF 1’000.- dont le nombre avait doublé en une dizaine d’années. La crise de 2008 ainsi qu’une méfiance accrue à l’égard des établissements bancaires exacerbèrent le phénomène, les menaces de faillite de deux grandes banques ayant frappé les esprits et contribué à amplifier celui-ci.

Si au niveau strictement bancaire, la situation paraît s’apaiser, d’autres problèmes ont depuis surgi et gagnent en importance : le Brexit bien sûr, la crise italienne ainsi que les élucubrations d’outre Atlantique ne sont pas de nature à convaincre les épargnants de rejoindre les circuits économiques conventionnels.

Un problème latent cependant est annoncé : le début de l’échange en 2019 de ces fameuses coupures de CHF 1’000.- contre de nouvelles. Comment s’effectuera la transaction ? D’une façon anonyme : un ancien billet contre un nouveau ? À concurrence d’un certain montant (CHF 100’000.-) ?

Nul ne le sait, mais si d’aventure le gouvernement ou la BNS, agissant éventuellement de concert, voulaient profiter de l’occasion pour identifier les détenteurs, y-compris les non-résidents, grands thésauriseurs de ces coupures, afin de satisfaire aux exigences moralisatrices de partenaires étrangers, nous risquerions de violentes réactions ; nous en avons eu une démonstration il y a une dizaine de mois lorsque le gouvernement indien avait voulu subordonner l’échange de coupures à l’identification complète de l’épargnant.

Les intéressés ne s’y étaient pas trompés et avaient préféré abandonner la majeure partie de leurs créances contre l’Etat, avec la ferme volonté de ne plus se faire gruger, d’où l’envol des achats de pièces d’or anonymes. La valeur totale des billets de CHF 1’000.- quant à elle s’élevant à 47 milliards, l’échange s’avèrera bien plus complexe.

Espérons qu’il se déroulera dans le calme et la raison, mais le mutisme apparemment orchestré et un tantinet hypocrite des banques n’est pas de bon aloi.
 

Le politicien à la vache en bois 02.2019

Alors que certains hommes politiques s’extasient devant les ors de la République, que d’autres prétendent vénérer des pères fondateurs aux principes oubliés, que d’autres encore se complaisent devant les ruissellements des cristaux de lustres étincelants pendus à des plafonds cloisonnés, ou éprouvent encore une profonde nostalgie à l’égard d’un empire perdu, le nouveau président de la Confédération Helvétique Ueli Maurer, élu très brillamment, laisse filmer son bureau de Berne, avec en guise de décoration une humble vache de bois peinte et quelques pommes garnissant un modeste saladier.

Cette contradiction dans la conception du pouvoir et de ses fastes a été soulevée narquoisement par quelques médias étrangers, les mêmes qui avaient fait des gorges chaudes lorsque le peuple suisse avait dû se prononcer sur le sciage ou non des cornes des vaches, de quoi faire rêvasser les canaris furieux qui encombrent les carrefours français pendant les fins de semaine.

On le sait, le nouveau président appartient à l’UDC que le temps a cependant rendu moins sulfureux ; les combats xénophobes ont cédé le pas à une méfiance viscérale à l’égard de la Communauté Européenne alors que cette dernière est maintenant parcourue de convulsions populistes. La mutation remonte à décembre 2007 lorsqu’ au prix d’une alliance contre-nature du camp rose-vert et du PDC, Christophe Blocher avait dû s’incliner devant la grisonne Widmer-Schlumpf ; sans vouloir faire de la politique fiction, on peut légitimement se demander ce qui aurait changé ou plutôt n’aurait pas changé en Suisse si le bouillant zurichois avait gardé son poste. Adepte du Morgenstern plutôt que du fleuret moucheté, M.Blocher aurait tapé violemment du poing sur la table dans les discussions touchant au secret bancaire ou à l’échange d’informations et notre pays n’aurait pas cédé sur tout, ou en tout cas, pas sans sérieuse contrepartie ; son approche n’était pas loin de rappeler celle des ténors des grandes banques d’alors (espèce malheureusement disparue) qui se lançaient dans des démonstrations imparables face à des journalistes subjugués.

Voir notre ministre des finances d’alors, mal coiffée, mal fagotée comme on dit, le regard gêné, franchir timidement les portes des antres dorées de Paris ou de Bruxelles pour y subir en rosissant les bises d’un Fabius ou d’un Junker avait un aspect pitoyable, alors qu’elle aurait dû au contraire avoir conscience de la nation qu’elle représentait : un pays certes petit, mais comprenant une population de formation supérieure, avec une puissance financière et industrielle, y compris dans l’innovation, très au-dessus de la moyenne mondiale, et qui n’avait de leçon à recevoir de personne.

L’épilogue de ces prises de contact, on le sait trop bien, fut désastreux.

Les temps ont passé ; les affronts subis laissent des séquelles qui se dissolvent lentement, mais la puissance évoquée demeure. Non seulement l’économie, en comparaison internationale, se porte sensiblement mieux que la moyenne mondiale, mais les actions qui la matérialisent sont solides et agrémentées de dividendes alléchants : ne serait-ce que simplement dans le SMI, on trouve des titres qui ont crû de plus de 100%, voire souvent davantage, en à peine dix ans : Givaudan, Geberit, Richemont, Sika, SGS, Swiss Life etc. Leurs dirigeants sont à l’image du Président de la Confédération, des gens à la tête solide, raisonnables, conscients de leur valeur sans flagornerie ni porte-serviette et qui ne s’en laissent pas conter.

La quasi-totalité des secteurs d’activités est ainsi représentée ce qui pose parfois des problèmes existentiels aux gérants professionnels. Est-ce vraiment légitime de se tourner vers des marchés extérieurs, avec tous les risques que cela comporte dont ceux de change, alors qu’on a virtuellement tout sous la main ?

Peut-on imaginer un client détenteur d’un compte à New York ou Londres qui souhaiterait y acheter des Nestlé ou des Roche ? Cette réflexion nous parcourt fréquemment, mais le souci du travail bien fait (chez nous aussi !) nous incite à proposer du sur-mesure quelles que soient les contraintes que le choix implique.
 

« Cachez ce Trump que je ne saurais voir »** 01.2019

**Pastiche de Molière dans le Tartuffe

Dans l’attente du coup d’envoi des résultats, les places financières ont débuté l’année sur les chapeaux de roue, les opérateurs continuant de saluer l’amélioration des perspectives économiques à l’échelle mondiale et la réforme fiscale américaine récemment adoptée.

Après un cru 2017 exceptionnel qui aura permis à bon nombre d’indices d’enregistrer des progressions à 2 chiffres (Dow Jones +25%, Dax + 12.5%, SMI +14%), la première semaine de l’année aura poursuivi sur cette lancée, Wall-Street battant des records à l’instar de l’Europe, en réalisant d’ores et déjà près du tiers de la performance de l’an passé.

Au cours de la dernière semaine de janvier cependant, les marchés enregistrent une très violente correction dépassant souvent les 10 % avec plusieurs explications. L’annonce d’une nouvelle réduction du chômage aux USA, faisant craindre un relèvement accentué des taux d’intérêts avec comme conséquence une brusque flambée de l’inflation ; une autre raison résidant dans l’informatique où des programmes de ventes de titres se seraient brusquement déclenchés grâce à des algorithmes échappant à tout contrôle. De surcroît, divers instruments financiers fondés sur une faible volatilité se sont écroulés, voire ont proprement disparu en conséquence de l’envol du VIX, surnommé l’indice de la peur. Les bonds désordonnés de crypto-monnaies ont aussi contribué à affoler les marchés. La bourse aime les excès. Après une série exceptionnelle de records à la hausse sur le marché américain, c’est à la baisse que les amplitudes hors norme s’inscrivent dans la cote. Cette normalisation des cours s’accompagne de mouvements désordonnés dans l’attente de nouvelles données relatives à l’inflation. De nouvelles zones politiquement marécageuses se créent : les USA, bien sûr avec les « trumpitudes » de la Maison blanche, l’Allemagne où Madame Merkel à bout de souffle, ne parvient pas à créer un nouveau gouvernement de coalition avec le SPD, faisant ainsi le lit de l’Extrême droite qui avance, et, enfin la Turquie où le nouveau sultan Erdogan rêve de recréer l’Empire Ottoman, aux dépens de ses voisins dont la Grèce et Chypre, notamment pour des raisons d’exploitation d’hydrocarbures.

Les craintes d’une accélération du rythme de remontée des taux aux USA et les annonces protectionnistes de Donald Trump à l’égard de la Chine ont suscité de vives inquiétudes engendrant de nets dégagements sur les places financières, déjà commotionnées par les élections italiennes et la victoire de mouvements populistes sans parler du jeu de chaises musicales dans l’entourage du président américain avec le départ de M. Cohn, son proche conseiller en matière économique. Début mars, après 14 mois de présence, le président américain bat un record qui perdure, celui de l’éviction ex-abrupto de 37 de ses proches collaborateurs, y compris le secrétaire d’Etat, ancien PDG d’Exxon. Ce sentiment d’incertitude influe sur les marchés, surtout l’américain, le Dow-Jones faisant, dans la journée, des bonds désordonnés de plusieurs centaines de points.

Avec M.Trump, on a affaire à l’éléphant dans un magasin de porcelaines avec cette particularité que l’intrus ne se contente pas de détruire la vaisselle, mais le mobilier et le local dans leur ensemble.

Finalement, le premier semestre s’est clôturé avec des trajectoires indicielles proches de zéro. Un certain nombre de risques se sont télescopés : un commerce international contrarié par le courant protectionniste, la fin du cycle monétaire très, voire trop généreux, et la montée en force du populisme. Cette accumulation de menaces a constitué une source d’inquiétudes pour les investisseurs. On se rapproche de la microéconomie et de l’examen attentif des résultats des sociétés afin de déterminer si elles ne sont pas trop affectées par le blocage partiel du libre-échange.

Début août, les marchés deviennent nerveux à la suite de l’affaissement de la livre turque, mouvement accentué par la décision de M.Trump d’imposer lourdement les importations d’aluminium et d’acier en provenance du pays. Il faut reconnaitre que l’arrogance du nouveau Sultan a le don d’exaspérer même ceux qui l’apprécient et auprès desquels il ne trouve guère plus de soutien.

A noter au passage que toutes les décisions du Président américain, aussi abracadabrantes soient-elles, ont un dénominateur commun, le clientélisme, à savoir , flatter, voire récompenser les tranches d’électeurs et leurs secteurs qui ont voté pour lui : pêle-mêle, les mineurs, les chasseurs, les exploitants de pétrole, les fabricants d’armes, les entreprises de travaux publics , avec le risque sur le plan écologique de détruire partiellement le pays, mais il n’en a cure, sans parler des dizaines de morts dans les universités.

Le second semestre ne fut guère plus paisible en raison d’un certain nombre de facteurs : la politique d’incitation fiscale américaine qui, en apparence stimula la croissance, avec cette conséquence pourtant d’une remontée des taux et une nouvelle empoignade entre le Président Folamour et le nouveau responsable de la Fed, ficelé par ses engagements. La guerre commerciale larvée entre les USA et la Chine ne contribua guère à calmer les esprits pas plus que le flou caractérisant les élections de mi-mandat qui révélèrent une glissade encore plus accentuée de l’indice de popularité présidentielle.

En Europe, on eut nos problèmes continentaux : l’accouchement douloureux de la mise en place du Brexit ainsi que des négociations houleuses entre l’Italie et l’Union Européenne, sans oublier, presque à nos frontières, le phénomène social pourrissant des gilets jaunes. Courant décembre, les plus bas niveaux de janvier 2018 furent à nouveau testés et matérialisés par l’envol du VIX. La grande braderie des actions débuta au début du mois de décembre, à grand renfort encore de ventes à découvert et de programmes de transactions sur ordinateurs. Le choc fut certes rude mais pas nouveau. A cet égard, il convient de se remémorer quelques données des temps anciens : a) les phases de correction sont en général, de l’ordre de 14% et b) plus ou moins tous les 5 ans, les marchés cèdent près de 30%, c) cependant il y a en moyenne plus de 4 années de hausses par rapport à une de baisse, la bourse compensant très largement sur la durée l’inflation et les cassures.

A la fin de l’année, le trublion américain, loin de calmer le jeu, en ajoute une couche supplémentaire en provoquant la démission du chef des armées, troublé par des annonces « ex abrupto » et par tweet, de retraits de troupes en Syrie et en Afghanistan ; de plus, comme un gosse à qui on a pris son jouet, il tape du pied et menace de suspendre l’activité de l’administration, l’illustre « Shut down », s’il n’obtient pas un crédit supplémentaire de 5 milliards de dollars pour construire son mur avec le Mexique.

Au niveau de notre société, nous avons terminé l’année avec des dégâts moindres que ceux enregistrés par les fonds indiciels ou les portefeuilles structurés gérés par des établissements de renom. N’oublions pas non plus les performances hors du commun atteintes l’année précédente, avec cette conséquence que la tendance à long terme des performances des dossiers gérés n’aura connu qu’un faible tassement.

A titre anecdotique, avant de terminer, mentionnons quelques performances d’indices que nous n’examinons que rarement : au positif, l’Ukraine avec une progression de 80% suivie par la Macédoine du Nord, plus 30% et le Qatar en gain de 21%. A l’opposé, le Venezuela se volatilise de 95% suivi par l’Argentine avec moins 50% et la Turquie en retrait de 43%.
 

C’est à l’automne qu’il faut compter sa couvée (proverbe russe) – Noël 2018

Dans les milieux financiers, les dernières semaines de l’année sont consacrées à l’étude finale des marchés peu avant l’éphémère trêve des fêtes.

Le constat est sans appel, 2018 laissera l’image d’un cru très moyen dont le processus de maturation a été violemment et à plusieurs reprises perturbé par des événements –on devrait plutôt dire les frasques, si l’on tient compte de la personnalité tourmentée de leur déclencheur orangé– imprévisibles et d’une forte amplitude.

En examinant la performance des principaux indices boursiers, on constate que seuls les nord-américains font état d’une imperceptible avance, avec le Nasdaq en tête, du fait de ses composantes hyper-volatiles, les géants du Web, les fameuses GAFA dont les bonds désordonnés ont provoqué bien des sueurs d’angoisse.

Notre continent est plus négatif. L’Euro Stoxx est en baisse de près de 10%, suivi par l’indice anglais avec une perte quasi identique. La France est en recul également de près de 7%, quand même beaucoup mieux que l’Allemagne qui cède le double. Le SMI est dans une honnête moyenne avec moins 4% ; à noter au passage que notre indice a mis plus de dix ans avant d’égaler le précédent record de 2007.

Examinons maintenant de plus près les secteurs d’activité.

Sur la quasi-totalité des places boursières, la lanterne rouge revient à nouveau au secteur bancaire, avec des chutes de 20 à 25% pour les principales composantes ; un établissement américain fait une notable exception : JP Morgan au cours inchangé en douze mois avec de gros volumes de transactions et un rendement correct de plus de 3%.

Globalement quatre secteurs d’activité ressortent du lot dont trois s’identifient à notre politique d’investissement. L’exception, d’ailleurs la meilleure du lot avec des progressions moyennes de 20%, est le secteur de l’armement où nous ne participons que très marginalement pour des raisons d’éthique et d’imbroglios administratifs dissuasifs lorsqu’il s’agit des USA.

Cette année, le secteur pharmaceutique est le premier de classe, toutes places confondues que ce soit en Suisse, dans le reste de l’Europe ou surtout aux Etats-Unis.

Le luxe, toujours lui, emboîte le pas, peu en Suisse où les principales représentantes trainent les pieds, mais en France et en Italie.

L’alimentation enfin, toujours stable, est cette année en queue du quatuor.

Quel que soit le secteur retenu, il contient systématiquement des valeurs suisses. Qu’elles soient en gain ou en perte, il convient de se souvenir de leur capacité de distribuer des dividendes substantiels et souvent croissant.

Durant les temps troublés que nous vivons, cet avantage financier mérite de retenir l’attention en incitant l’investisseur à faire le dos rond, comme on dit, à l’avantage de ceux qui ne cèdent pas à la panique. Rappelons qu’historiquement, vendre en période de chute des marchés est de loin la pire des solutions, car il est rarissime de pouvoir racheter à meilleur compte une action aliénée dans la précipitation.

Avec nos vœux de santé, bonheur et réussite pour 2019.