Du danger de l’eau qui dort et de l’argent itou – 07.2021

Nous n’allons pas nous étendre sur les dangers de l’eau dormante, avec ses surprises en matière de température, d’acidité ou d’habitants éventuels qui peuvent piquer, mordre ou contaminer.

En revanche, l’argent qui dort mérite de l’attention, surtout dans une période où on reparle de l’inflation, terme virtuellement disparu du vocabulaire économique depuis près de 40 ans, et probablement ignoré de la jeune génération ; en moins d’une année sa référence dans les revues spécialisées a pourtant crû de près de 300% !

Le phénomène de « tapering », à savoir la réduction progressive du programme d’achats d’actifs par la Fed, a éveillé l’attention de nombre d’acteurs paradoxalement en alerte face à une hausse des prix qu’ils appelaient de leurs vœux les plus chers il y encore quelques mois.

En l’occurrence, c’est le Covid avec son cortège de pénuries qui a réamorcé le phénomène, redevenu à la mode, avec un manque dans les transports et les composantes électroniques. En fait, ce qui commence d’inquiéter et interpeller certains, c’est moins la remontée de l’inflation que les formes de cette dernière et les façons de s’en protéger.

Les mouvements de  prix peuvent revêtir divers aspects, le pire étant la crise déflationniste, et l’autre relativement plus prometteur, le boom inflationniste qui apparemment nous concerne actuellement, sans parler de la stagflation, une inflation sans croissance de production.

La gamme des armes pour se défendre est relativement large : la pire est bien entendu l’argent cash, sous le matelas (sans évoquer le remplacement devenu systématique des coupures, assorti d’une enquête inquisitrice sur le propriétaire économique !) ou à la banque, suivie par les livrets et autres emprunts d’Etat qui ne rapportent pratiquement plus rien ou même qui coûtent. Il existe certes une catégorie d’obligations indexées sur l’inflation qu’il est plus facile d’acquérir par le truchement d’un fonds. Soigneusement sélectionnées, les actions des pays dits-émergents constituent une alternative intéressante avec en premier lieu l’Inde dont nous avions précédemment décrit les multiples attraits. Vient ensuite l’or que nous privilégions sous forme de pièces, plus stables, anonymes et fongibles que les autres composantes du secteur. Suivent les matières premières, dont le pétrole, à la mort certes annoncée, mais pas imminente. Elles-aussi peuvent être achetées par l’intermédiaire d’un fonds sur indices.

Les actions occidentales constituent bien entendu un bon rempart aussi longtemps que les prix ne renchérissent pas de plus de 3%. Au-delà, se pose la question pour les industriels de pouvoir ou non répercuter sur leurs clients la hausse de prix des matières premières qu’ils se procurent et transforment. C’est le retour de la thématique d’investissement basée sur la « pricing power » qui privilégie les sociétés en capacité d’augmenter leurs prix de vente sans freiner l’appétit pour leurs produits.

Les crypto-monnaies dont on a parfois parlé, n’entreraient massivement dans la danse que dans l’hypothèse d’une hyperinflation, mais on est heureusement loin du compte. En attendant, quoique turbulentes,  elles se glissent insidieusement dans les esprits….et les portefeuilles.

Soit dit en passant. Il y a quelques mois, nous avions prématurément évoqué les perspectives de Novartis, frappée dès lors de léthargie. Elle semble toutefois se réveiller grâce à la mise sur le marché de trois thérapies ciblées contre divers cancers.