La capacité d’enthousiasme 12.2020

Le moins que l’on puisse dire est que l’année 2020 laissera un souvenir lugubre.

Quel que soit le domaine considéré, elle aura battu des records que ce soit pour les atteintes à la nature, avec des incendies incontrôlables gigantesques, des inondations catastrophiques, des suicides collectifs de cétacés,  de graves dérapages politiques, aux USA en particulier, avec une fin d’ère présidentielle navrante, voire pathétique, sans compter les incroyables mouvements des bourses, au cours du printemps notamment, où l’on a pu croire que les marchés allaient se volatiliser et, bien entendu, en toile de fond, le Covid-19 qui a profondément modifié notre façon de penser, d’organiser notre quotidien et d’appréhender l’avenir, certainement pour longtemps.

Dans ce contexte, bien des personnalités ont pris la parole ou la plume sans qu’on puisse en déduire des conclusions constructives, à défaut d’être optimistes. Des films, des séries ont été consacrés à diverses nuances de gris qui semble être devenu la couleur de l’époque, tant du domaine privé que public.

Il fut un temps, pas si lointain où des entreprises étaient animées par des meneurs d’hommes pleins d’idées et de projets, et qui étaient souvent appelés à s’exprimer en dehors de leur strict terrain, faisant bénéficier une audience élargie de leur vision, de leurs projets, de leur prise de décisions, sur un ton convaincant et dépourvu de nuances. L’auditoire s’en trouvait galvanisé, remonté à bloc, comme on disait, et prêt à se lancer dans de nouvelles aventures.

Que sont devenus les Riboud, Citroën, Dassault, Michelin ou plus près de nous, J.L. Dumas, PDG d’Hermès ? Il y a bien encore un Bill Gates, vieil adolescent engoncé  et ankylosé  par son succès, ou Elon Musk, de Tesla qui impressionne surtout par ses délires ou ses péripéties financières rocambolesques ; ces deux ne sont pas de nature à susciter des vocations  ou faire s’épanouir des germes de génie endormi.

En fait,  à qui avons-nous affaire aujourd’hui ?

Dans le privé, à des produits du système, souvent d’inspiration anglo-saxonne, avec un jargon stéréotypé, impersonnel et bien entendu neutre, car le risque est à proscrire absolument sous peine d’exclusion. L’audace, parfois dangereuse, mais souvent synonyme de progrès, a fait place à la crainte, la crainte de sortir des ornières et de commettre une  faute fatale pour la carrière, à supposer que le concept existe encore.  Ce malaise, on le ressent dans les administrations, les banques, les assurances, même les garages ou les restaurants.

Le progrès dans l’Histoire en général, n’a jamais été le fait des conventionnels, mais de ceux qui ont osé voir ou entrevoir ou deviner au-delà des murs et des mers. Quant à la politique, les audacieux, ceux qui vous font rêver, entreprendre, oser, se lancer, appartiennent au passé. Le dernier en date fut peut-être Kennedy, plus près de nous B.Obama, à l’allure convaincante, un peu professorale, mais qui avait le don de séduire et de laisser entrevoir un avenir meilleur. Avant l’audace, il y a l’imagination, l’espoir, l’acceptation du risque et la foi dans ce que l’on entreprend, avec impétuosité, voire jubilation. Le tout forge l’enthousiasme, devenu denrée rare.

Mais que diantre vient faire l’enthousiasme dans une chronique dévolue à la finance ou aux investissements en général, et dans un  contexte où virtuellement le seul sujet de discussion ou de préoccupation à la mode est la pandémie ? Ce retrait sur soi, cette frustration reflète au public et au privé une mémoire courte. Dans notre brouillard psychologique commence pourtant de percer un rayon lumineux : on a trouvé des vaccins anti-Covid19 ; demain, il y en aura cinq, peut-être dix : la seule chose dont on  peut être certain, c’est que cela se terminera, dans trois, six ou douze mois. La capacité de la recherche humaine est sans limite si on y croit avec foi.

Alors que l’on imagine envoyer des hommes sur la planète Mars après un voyage fantastique, on ne peut imaginer ne pas à venir à bout d’un virus vraisemblablement bricolé dans un laboratoire qui l’a malencontreusement laissé s’échapper.

L’enthousiasme, c’est la capacité de chercher, d’obtenir un premier résultat même minime, d’en faire profiter les autres, de les encourager à poursuivre et persévérer, d’avoir la foi dans ce que l’on entreprend. Dans notre métier de gestionnaires et de conseillers, cette qualité, cette forme de pensée est à la base de l’activité.

Nous accueillons nos clients, y-compris les nouveaux avec enthousiasme et l’objectif de les épauler, d’accroitre leurs avoirs,  de leur faire comprendre que nous ne nous dérobons pas,  même dans les périodes difficiles où nous sommes là, forts de notre expérience et de notre confiance. Ce sentiment quasi euphorique, nous le partageons à la recherche de nouveaux investissements. Une fois repérés, nous les faisons connaitre parce que nous y croyons, croyons à des découvertes, à leur succès, à leur incidence sur la vie de l’entreprise et l’évolution des cours de cette dernière. L’enthousiasme n’a pas d’âge. L’un de nos bons amis, M.A. ancien président d’une banque privée de Paris, et qui va , comme on dit sur ses 90 ans, a gardé cette fraicheur d’esprit, de spontanéité et d’enthousiasme communicatif lorsqu’il étudie un nouvel investissement qu’il dissèque à l’os, avant d’en parler avec jubilation et conviction ; à notre niveau, nous tentons de maintenir cette forme d’esprit, résolument combative, et garante de succès afin d’en faire profiter notre clientèle.

Avant de terminer, rappelons cette pensée de Louis Pasteur : » Ce sont les Grecs qui nous ont légué le plus beau mot de notre langue : « enthousiasme » du grec « en Théo », un Dieu intérieur.

Soit en passant : pourquoi ne pas penser à NESTLE, la valeur thaumaturge par excellence ? La société fait un grand ménage dans ses investissements, élague les branches mortes peu rentables au profit de participations plus étoffées. A Frs. 102.-, loin de ses sommets, elle a un rendement de 2,60%.