La famille Addams et les Simpson 11.2020

Après une lutte âpre, sans merci et empreinte d’irrégularités, de menaces et de tours pendables de la part des Républicains,  les rondouillards de la famille Simpson-Biden (1)  sont parvenus à renvoyer les Addams-Trump (2) dans leur foyer. La campagne et surtout le dépouillement sans fin ne furent guère à la gloire de la « démocratie américaine », déjà  taillée en pièces par quatre années d’une présidence surréaliste.

Il ne faut pas cependant se réjouir trop tôt ; les Addams comportent dans leurs rangs un certain nombre de fantômes qui vont hanter longtemps les couloirs de  la Maison Blanche, et qui seront relayés à l’extérieur par des bandes de nazillons-marginaux,  adeptes bien entendu des armes, et qui comptent s’en servir dans ce qui pourrait s’annoncer comme une guerre civile appelée à perdurer. Par ailleurs, on le savait depuis de nombreux mois, le père Addams, comme un gamin boudeur, conteste une élection largement perdue, pour  se lancer dans un combat d’arrière-garde, dont le seul objectif sera d’entraver la bonne prise de fonction de son challenger vainqueur qu’il d’ailleurs grossièrement renoncé à féliciter bien que ce soit l’usage. Quitte à se mettre à dos les caciques de son parti, perturbés par ses positions outrancières, tous les moyens lui seront bons, les illégaux bien sûr, et les plus conventionnels par le truchement de tribunaux qui vont s’enliser dans des procédures sans fin, avec une première possible résultante, étonnante elle-aussi pour l’évincé, la direction intérimaire du pays par son ennemie jurée, Nancy Pellosi, chef du parti démocrate au Congrès. Pendant les semaines précédant son départ, il va s’employer à démantibuler davantage une administration déjà fortement chamboulée, et continuer de se comporter comme si de rien n’était.

Outre le pourrissement évoqué plus haut, il ne va rien se passer de positif aux Etats-Unis pendant une longue période, d’au moins une année, que l’on peut d’ores et déjà considérer comme perdue, socialement parlant. Un mauvais joueur doublé d’un mauvais perdant aura fini par déliter une société ébranlée par quatre ans de scandales, de bévues, de contre-vérités et de tweets incohérents. L’image du pays qui avait connu une courte embellie sous la présidence de B.Obama, avant de se re-caricaturer à sa suite, va devoir se redessiner très progressivement, trait après trait.

Et l’économie et la bourse dans tout ça ? Elles bénéficient, heureusement pour elles d’une formidable force d’inertie, à savoir que les grandes entreprises, oligopoles, de par la puissance financière qu’elles ont acquise, et le rôle social qu’elles sont amenées à jouer, se soucient relativement peu de la « chose politique » quelle que soit son orientation, à la condition cependant qu’elle ne sombre pas dans la dictature, option que nous avons failli frôler. La seule tendance dont nous soyons à peu près certains, en nous référant à l’histoire financière, est que les présidences démocrates sont généralement favorables aux marchés boursiers. De surcroit, un climat apaisé retrouvé ne sera pas du luxe, mais il prendra du temps avant de s’instaurer tant les lézardes sont profondes, en particulier avec la Chine.

Il ne faut pas se leurrer, dans le marécage qu’il découvre, M. Biden, fin négociateur,  va devoir s’avancer avec prudence en s’attelant à la mise en œuvre d’un véritable contrat social rassembleur, redonnant au peuple  des soins de santé véritablement universels, une éducation de qualité et une retraite décente, sans oublier de cesser de saccager irrémédiablement  la nature, ou de laisser en l’état déplorable, les infrastructures, les routes ou les aéroports notamment, bien en deçà des  niveaux de l’Europe ou du Canada. Dans ce but, M.Biden remontera le taux d’imposition des sociétés de 21 à 28%, ce qui est parfaitement supportable. En ce qui concerne les personnes privées, une révision à la hausse interviendra certainement à partir d’un revenu d’US Dollars 400’000.- . Que des Bezos, Zuckerberg ou Gates, sans oublier Buffett, passent enfin à la caisse ne fera pleurer personne, d’autant plus que nombre d’intéressés l’appelaient de leurs vœux depuis longtemps. Un objectif primordial du nouveau Président sera de tenter de combler le clivage profond de la société américaine dont les représentants sont parvenus à se haïr, avec un effet de dérapage en dehors des Etats-Unis, où ce manichéisme primaire a fini par gagner étrangement des esprits.  De notre côté de l’Atlantique, et singulièrement en Suisse, la sérénité équilibrée, confortée par l’arrivée d’un interlocuteur sérieux et objectif, se maintiendra heureusement et favorisera les investissements à moyen et long terme. .

Pour les plus de 40 ans :

(1) série TV américaine mettant en scène une famille avec sa petite vie bourgeoise.
(2) série TV, elle aussi, mêlant l’horreur et le grotesque, avec une famille à l’avenant.

Soit dit en passant : au cours de 77 francs suisses, l’action Novartis qui détient 30% de Roche a un rendement de 3,8 %