Une fois n’est pas coutume 07.2020

Une fois n’est pas coutume; nous n’allons pas parler en long et en large de cette pandémie qui empoisonne nos vies depuis le début du printemps ni de l’écho qu’elle suscite dans les médias qui apparemment n’ont plus d’autres sujets à traiter, hormis les “trumperies”, lassantes elles-aussi, encore qu’aux USA, les deux questions soient intimement liées ; une majorité d’ Etats ont déjà constaté que la sortie au galop du confinement avait une conséquence irréductible, une nouvelle poussée des cas, entraînant un clivage parmi les politiciens et même au sein des partis, surtout le républicain, qui commence de se déliter. Rappelons l’épisode chorégraphique de l’église Saint-John et de la bible brandie d’une façon théâtrale, ce qui n’a pas eu l’heur de plaire à nombre de personnalités présentes contre leur gré, et qui ont regretté d’avoir été ainsi bernés.

Accordons-nous donc un entracte et revenons à notre métier de base, la gestion de fortune, en faisant le point après des mois chaotiques, -il suffit de voir la cascade de Wall-Street en mars, ou plus près de nous, le 11 juin-, et mettons en exergue le comportement des valeurs que nous suivons en les comparant avec leurs indices de référence.

Maintes fois nous l’avons souligné, trois secteurs retiennent notre attention : en priorité, l’alimentation, puis l’industrie pharmaceutique et dans une moindre mesure, le luxe qui, entre parenthèses, n’a pas démérité en dépit de toutes les prévisions pessimistes le concernant. De façon à éviter un éparpillement non représentatif, nous avons retenu 4 à 6 principales valeurs des secteurs sélectionnés, et calculé la performance moyenne de chacun d’eux en la comparant à l’indice boursier du ou des pays concerné(s)

Dans l’alimentation suisse, nous sélectionnons comme d’habitude : Nestlé, Emmi, Lindt, Villars et Barry Callebaut. Les quatre premières sont connues de tous alors que Barry Callebaut qui est pourtant le leader mondial dans la fabrication de produits à base de cacao et de chocolat, l’est moins. Nestlé, inchangée, est naturellement la principale composante de la sélection laquelle a cédé moins de 8% (sans tenir compte des dividendes) depuis janvier par rapport à moins 5% pour l’indice SMI.

Au niveau des chimiques-pharmaceutiques, nous avons retenu Givaudan, Lonza, Novartis, Roche et Vifor, toutes reconnues, hormis peut-être Lonza que d’aucuns cantonnent encore uniquement à la production d’engrais et de fertilisants alors qu’en dix ans, elle s’est progressivement transformée en une pharmaceutique de pointe, courtisée pour ses produits d’exception par une multitude d’entreprises de la branche, surtout en biotechnologie. En ce qui nous concerne, cette sélection a crû de 14% en 6 mois. Dans ce domaine, Novartis est l’un de nos principaux investissements.

Abordons maintenant le dernier compartiment favori, celui du luxe qui comprend Hermès, Kering, l’Oréal, LVMH et Moncler. Au fil du temps, nous avons fortement réduit la part helvétique, essentiellement Richemont et Swatch que nous jugeons par trop volatiles. Ce panachage, en majeure partie français, s’est réduit de moins de 1% tandis que l’indice CAC cédait 16% et l’Euro stock 50 environ 13%. La palme revient à Hermès qui ne s’est pas égarée dans une multitude de produits disparates, mais s’est consacrée à ses métiers de base sous l’auvent d’une famille homogène qui n’a pas oublié sa mésaventure avec M. Bernard Arnault d’il y a quelques années. A ce jour, elle fait état d’une progression de 12% pour les six premiers mois et représente l’une de nos principales positions du secteur. Une mention spéciale aussi pour l’Oréal dont les ventes en ligne ont explosé durant le Covid-19.

Il ne faut pas s’étonner que dans cette revue ne figure aucun titre américain. Nous avons progressivement quitté ce marché en raison de l’écheveau de dispositions contraignantes et inquisitrices de l’administration qui s’étendent même aux successions, ce que nombre de banques feignent d’ignorer en laissant les héritiers de valeurs d’outre Atlantique s’embourber face à des enquêteurs voraces et fouineurs.

Cette courte rubrique n’a pas la prétention d’être un panorama immuable mais plutôt un instantané après 6 mois tumultueux pour les raisons évoquées en préambule. Dans l’avenir, des paramètres, des modifications devront certainement être pris en compte, notamment dans la perspective des élections de novembre, si elles ont lieu !

NB. Les cours et indices sont du 26 juin 2020