25
Feb. 2021

Arcade à remettre. 03.2021

By info_qh6785ez |   0 comments

Pour des raisons que tout le monde connait, on n’effectue guère de voyages depuis bientôt près d’une année ; au vu des reportages suisses et étrangers, on arrive partout au même constat: les rues se désertifient et les vitrines aveugles sont légion. Les commerces dits « non essentiels » ont dû mettre la clef sous la porte dans l’attente d’hypothétiques repreneurs, pour l’instant timorés. Cette évolution n’est cependant pas totalement nouvelle et remonte à près de 20 ans, après le 11 septembre 2001.

Traumatisés à jamais par la vision des tours jumelles en train de se volatiliser et des nuées de fumées toxiques s’en dégageant et remontant les rues adjacentes, des consommateurs new-yorkais ont remis à jamais leurs projets d’achats classiques pour se tourner vers les commandes en ligne, d’autant plus que la majorité des biens recherchés ont succombé à une standardisation qui rend aisée leur identification ainsi que leur acquisition à distance.

D’ailleurs, en parcourant une ville, on s’aperçoit que la plupart des gens, et singulièrement les plus jeunes, sont tous habillés de la même façon ; d’autres domaines n’échappent pas à la tendance : même les voitures se ressemblent pratiquement toutes ; idem pour les meubles, les appartements ou les maisons qu’on peut visualiser, voire concevoir au moyen d’un casque de réalité virtuelle.

Or, sans chalands, les magasins meurent et, sans magasins, le public s’en va. Certes, bien des municipalités ne se sont pas rendues sans combattre ; elles ont entrepris toutes sortes d’initiatives, allant d’animations ponctuelles à la mise à disposition de bons d’achat avec escompte, mais le mouvement est irréversible et tout à l’avantage de petites agglomérations, même d’accès difficile : « Small is beautiful ».

La cible idéale est devenue une ville de 20’000 habitants, à visage humain, avec son identité, son histoire locale, la proximité de la mer, de la neige ou de la campagne, sans trop de nuisances ou de problèmes de sécurité. Les ventes immobilières en témoignent : les villas de périphérie, les appartements dans les stations de montagne ou balnéaires sont recherchés et voient leurs prix augmenter régulièrement. Rompant avec un mouvement d’abandon datant de plus d’un siècle et demi, les campagnes tiennent enfin leur revanche.

Il va sans dire que cette lente évolution a été exacerbée par le Covid-19 avec un certain nombre de changements de mode de vie du tout-un-chacun. Le plus important d’entre eux est indiscutablement le sentiment d’isolement éprouvé par un pourcentage important de la population qui a subi et subit encore des traumatismes psychiques, preuve en est les agendas pleins à ras-bord des psychiatres et autres psychologues.

Il ne faut pas se bercer d’illusions : au-delà d’un certain âge, le confinement mal vécu entraînera des séquelles irréparables. Cette catégorie de clientèle acquise est rêvée pour le commerce en ligne, dont la livraison de repas, envers qui elle gardera sa fidélité. Il y a des habitudes dont on ne se départ pas.

Le tourisme sortira ébranlé par la pandémie d’autant plus que cette dernière concerne pour la première fois dans l’histoire l’ensemble de la planète en dehors de quelques îles éparses. Le public va bouder pour longtemps les rassemblements populaires et les voyages à l’étranger, contraignant nombre d’entreprises, dont les compagnies aériennes, à mettre la clef sous la porte bien que la crise que nous traversons doive ouvrir la voie à un changement systémique et une économie plus durable.

Autre évolution qui risque de nous toucher plus intimement, la surveillance accrue des individus par géolocalisation ou caméras de reconnaissance faciale. Ces procédés qui ont permis de lutter avec efficacité contre le Covid-19 à Taiwan et en Corée du Sud, risquent bien de faire tache d’huile, sans parler des systèmes de surveillance qui ont déjà envahi nos parcs et nos rues.

Quant au télétravail évoqué dans une précédente chronique, il risque bon an mal an de s’institutionnaliser au grand dam des possibilités de développement, de cohésion et d’enrichissement professionnel que seul le travail en communauté peut susciter, sans parler des risques de délocalisation, de remplacement des intéressés par du personnel meilleur-marché, voire de disparition des postes concernés.

Il est évident que compte tenu de ces évolutions, parmi les thèmes d’investissements, les achats en ligne ont connu une croissance exponentielle dans les produits de grande consommation notamment, et d’une façon inopinée, en faveur des imprimantes, fort recherchées pendant le confinement. Des entreprises à mi-chemin entre le luxe et la grande consommation, comme l’Oréal, aux articles chics et réputés, aisément identifiables sur le Net, se sont adaptées quasi instantanément à la situation nouvelle en promouvant efficacement leurs ventes en ligne.

Nos lecteurs le savent : nous privilégions, parmi d’autres, le luxe dans nos investissements ; paradoxalement, il a explosé ; Hermès, par exemple étant le leader 2020 du CAC 40, comme si les acheteurs brimés par leur « confinement » avaient voulu, soit se gâter eux-mêmes, soit favoriser leurs proches. L’industrie pharmaceutique quant à elle, a imperceptiblement souffert, quoique ses résultats doivent bientôt être « boostés » par la vente de vaccins.

Bien sûr, la vie normale reprendra bientôt, mais pas sous une forme de « copier-coller » ; il est fort à parier que les arcades actuellement vides, se tourneront vers des articles moins futiles et éphémères, orientés sur le renouvelable et les nouvelles technologies. Dans l’astrologie chinoise, 2020 fut l’année du Rat, pas forcément négative, mais nappée de préjugés. Il a été remplacé par le Buffle de Métal, associé à des marchés porteurs. Le buffle travaille laborieusement à construire avec sang-froid et lucidité vers des horizons lumineux. Souhaitons-lui bonne chance. Qui dit buffle pense à Bull!

Soit dit en passant : l’Oréal, mentionnée précédemment constitue l’une des positions inamovibles de nos portefeuilles. Rappelons qu’elle est détenue à raison de 27% par Nestlé qui n’effectue pas d’investissements à la légère !

 
21
Jan. 2021

Et ouf, on respire, et ouf ça va mieux ; et ouf, on s’en tire, on peut remercier le bon Dieu ! (Chanson de G.Guétary 1915-1997) 02.2021

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Ouf, le 20 janvier est enfin passé : le grand blond est retourné en Floride, avec sa cohorte de blondes, elles-aussi, non sans nous avoir créé des sueurs froides, avec l’invasion ignominieuse du Capitole par ses hordes de nazillons dépenaillés, et l’angoisse qu’il veuille marquer la fin de son règne du sceau d’un feu d’artifice nucléaire.

Nancy Pelosi l’avait bien redouté en prenant contact avec l’Etat-major des armées afin de tuer dans l’œuf toute ultime velléité d’embraser la planète. A noter que l’intéressé quitte la scène avec les plus mauvais sondages depuis l’époque de H.Truman.

Il appartient maintenant au brave J.Biden et à son équipe de ramasser les bris de verre et de rafistoler un édifice mis à mal par 4 ans d’incongruités, dont la négation obstinée de s’attaquer au Covid-19. Au flamboyant pyromane succède un homme du sérail, fin connaisseur de l’administration et de toutes ses tendances politiques, immense atout dans le monde convulsé qu’il devra affronter.

Il pourra néanmoins bénéficier de l’appui du Sénat à majorité démocrate si l’on tient compte de la voix déterminante de la vice-présidente élue, Kamala Harris, lui permettant d’augmenter aisément le plan de soutien budgétaire à l’économie en recourant à encore plus d’emprunts, ce qui explique la hausse des taux à 10 ans.

Les Gafam seront confrontés à plus de réglementation, ce qui en soi n’est pas un grand mal, alors que les pharmaceutiques pourront souffrir d’une pression sur le prix des médicaments.

Quatre immenses chantiers attendent le nouveau président : remettre en forme le tissu social mis en lambeaux par son prédécesseur, s’attaquer réellement au Covid-19, renouer un dialogue constructif avec la Chine, et s’attaquer aux questions climatiques.

Si l’on veut comprendre le déchirement du tissu social américain, il faut se souvenir que la mentalité des USA est totalement différente de l’européenne. Il existe dans le pays une défiance viscérale à l’égard du pouvoir central. Tout ce qui provient de Washington est d’emblée suspect, et les valeurs sont différentes. Les faillites successives de l’ancien locataire de la Maison Blanche sont interprétées comme autant de capacité à rebondir ; le fait qu’il soit parvenu à échapper à l’impôt est le signe d’une astuce admirée ; sa grossièreté à l’égard des femmes correspond à une vassalité courante au centre des Etats-Unis. Son refus de considérer la gravité de la pandémie est une manifestation stupide de supériorité physique  d’un autre âge ; dans un pays où l’on peut recourir facilement à l’armée et ses talents, la vaccination à une grande échelle devrait être une simple formalité.

Recréer un tissu social ne passe pas seulement par une distribution de chèques selon la méthode dite de l’hélicoptère bien que M.Biden soit conscient qu’il y a urgence et qu’il prévoit un plan de 1’000 milliards de dollars d’aides directes aux ménages, 440 milliards de soutien aux petites entreprises et aux municipalités et 415 pour lutter contre le Covid-19.

Les Américains percevront des chèques de 1400 $, davantage que les 600 versés dans le premier plan de relance. L’allocation de chômage sera portée à 400$ par semaine contre 300 actuellement. Le salaire minimum  devra être augmenté à 15$ par heure contre 7.25 actuellement. Des crédits budgétaires conséquents seront prévus pour la lutte contre le réchauffement climatique.

Tout ceci devrait conduire à une reprise de l’économie et à plus d’inflation, avec en contrepartie une augmentation du taux d’impôt des sociétés qui augmenterait de 22% à 28% pendant son mandat, bien en deçà des 35% qui était la norme avant l’arrivée de M.Trump.

Le nouveau président devra s’atteler à  redonner aussi de la confiance à une population dans son destin et sa capacité à surmonter les épreuves physiques grâce à un système de santé efficace, dans l’esprit du système du président Obama, mis en pièces par son successeur ! il n’est pas normal de devoir se retrouver à la rue pour des raisons de santé, mais là aussi il y a une question de mentalité, et cette triste éventualité ne révolte pas systématiquement les Américains  nantis.

Renouer avec la Chine est d’une évidence flagrante. Qu’on le veuille ou non, l’Empire du Milieu est  la grande puissance d’aujourd’hui et de demain. La seule façon de la contrôler consiste à créer autant de liens que possible avec elle, une manière élégante et efficace de la contenir et de la rendre dépendante. Il y a des myriades d’entreprises américaines qui ont déjà des usines en Chine, qui y font travailler des centaines de milliers de personnes ; on ne peut pas le nier.

Si les Etats-Unis se sont laisser envahir par des produits chinois, la responsabilité n’en incombe pas aux Chinois, mais bien aux Américains assoiffés de produits bon-marché et pas toujours indispensables, loin de là.  D’ailleurs, la Chine s’en est finalement bien tirée de la pandémie qu’elle a probablement provoquée ; elle est un acteur incontournable et l’élément central dans le développement de la région, encore plus, depuis qu’elle a créé avec 14 autres pays asiatiques le plus grand accord de libre échange mondial, couvrant près d’un tiers de la population mondiale et représentant près de 30% du PIB de la planète.

S’attaquer aux questions climatiques est d’une urgence absolue. Il est aberrant d’avoir pu voir un soi-disant leader assister sans broncher, des semaines, des mois durant, à des incendies ravageant le Californie ; il n’est pas exclu que mesquinement, il ait pu se réjouir des malheurs frappant un Etat traditionnellement démocrate ! Il faut de toute urgence reboiser, recréer des réservoirs, sauver les restants de faune, arrêter la construction de pipelines détruisant des régions entières, alors qu’on ne sait plus que faire avec une surproduction de pétrole.

Le président Biden a marqué un très grand point en ciselant la structure de son entourage politique et en choisissant des gens de qualité à l’expérience éprouvée, au détriment de commanditaires généreux comme son prédécesseur. Souhaitons-lui bonne chance ; son pays, l’Europe, le monde entier en ont grand besoin. Notre planète est trop exigüe pour avoir laissé un trublion mal-inspiré et haineux la détruire irrémédiablement, sans compter que ce retour à des visions plus saines aura des conséquences positives sur l’économie, qui en principe devrait se concrétiser à la sortie de l’hiver, vraisemblablement en avril ; Christine Lagarde l’a bien annoncé : «  Nos prévisions sont fondées sur des mesures de confinement jusqu’à la fin du premier trimestre ».

Il  y a effectivement des raisons d’espérer : le quatrième trimestre de 2020 a été solide pour nombre d’entreprises, de sorte qu’elles attaquent 2021 dans des conditions meilleures que prévues. Il ne faut pas trop s’inquiéter d’une légère remontée de l’inflation et des raidissements des taux ; dans ce domaine, la marge est grande ; on est fréquemment en dessous de zéro !

 
13
Jan. 2021

Télétravail, télémédecine ou tel est pris qui croyait prendre… 01.2021

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Il serait vain de dresser un panorama financier complet de l’année 2020 ; tout au plus peut-on se limiter à citer l’envol fou des actions Tesla dont la capitalisation est maintenant un multiple de ses principaux concurrents, ou encore le départ en fusée des cours du Bitcoin, cité dans une précédente chronique.

Pour faire simple on se souviendra de deux fléaux, l’un pour lequel une multitude de vaccins sera prochainement à disposition, l’autre, un être hallucinant dont les phalangettes s’agrippent désespérément à la margelle surplombant les sombres oubliettes de l’Histoire ou plus prosaïquement d’histoires plus ou moins nauséabondes.

Les nouveaux bouleversements de la vie sociale provoqués par la pandémie du Covid-19 ne peuvent  laisser indifférent, car ils comportent en leur sein le germe de changements profonds qui ne sauraient être qu’épisodiques.

On peut comprendre, par exemple, le phénomène du télétravail, aussi longtemps qu’il se cantonne à des situations d’urgence où l’on pare au plus pressé pendant quelques semaines, à la limite quelques mois, mais guère davantage. Nombre d’entreprises qui y ont eu recours, ne l’entendent pourtant pas de cette oreille et veulent systématiser cette solution  d’exception.

Les dégâts sont déjà visibles : une nouvelle forme d’autisme où l’intéressé ne supporte plus de contacts, la quasi-impossibilité de parfaire sa formation, de se promouvoir,  d’échanger avec des collègues, de nouer des liens sociaux, sans parler de l’enfer que représente souvent le devoir de travailler dans un espace exigu, partagé avec de jeunes enfants ou perturbé par les nuisances du trafic ou l’impétuosité de voisins. Des travailleurs concernés l’ont bien compris et envisagent de déménager vers des locaux plus spacieux.

C’est alors que ponctuellement, la situation peut devenir un tantinet équivoque lorsqu’il s’agit de collaborateurs de banques qui devront recourir à un emprunt, facilement accordé par l’employeur pour satisfaire leur besoin de financement. L’entreprise intéressée fera d’une pierre deux coups : diminuer ses charges de loyers en raison de l’abandon de surfaces, et parfaire son bilan par l’octroi de prêts hypothécaires.

Parlons crûment : pour beaucoup, le fait de devoir recourir au travail, à la maison, comme on dit est l’antichambre du renvoi, d’autant plus que les considérations sociales ne sont plus d’actualité et ne régissent plus la stratégie des grands établissements, obnubilés par la seule recherche d’un  profit immédiat.

Dans un autre domaine, la télémédecine, elle non plus,  n’est pas la panacée ; l’incurie des gouvernements en matière de politique de la santé a engendré des déserts  médicaux. On se souvient de la triste histoire de cette parturiente française qui devait parcourir près de 400 kilomètres pour consulter son gynécologue.

On envisage maintenant un pis-aller,  l’édification de cabines médicales, comme des WC en plus spacieux,  ornées d’un  écran et équipées d’instruments de contrôle que le patient devra apprendre dorénavant à utiliser seul ; il lui appartiendra de mesurer sa tension ou sa température, d’ausculter son cœur en suivant les instructions données par écran. Qu’on puisse recourir exceptionnellement  à ces procédures de fortune se conçoit en pleine brousse ou au centre de l’Australie, mais pas dans des pays civilisés.

Que devient le contact avec un praticien de famille dont l’expérience fait gagner du temps, ou avec le pharmacien qui connaît les médicaments utilisés des années auparavant et leurs contrindications éventuelles avec de nouvelles prescriptions ? Il n’en résulte rien de positif hormis un désert relationnel qui vient jouxter le plus vaste désert médical évoqué précédemment. Les clivages précités mettent d’autant plus en relief la capacité de résilience d’une aristocratie d’entreprises qui ont refusé de modifier leur cap.

Toutes ont un point commun, la présence dans leur actionnariat des représentants des familles fondatrices, ne serait-ce qu’à raison de quelques pourcents. Ceci est suffisant pour qu’un certain état d’esprit pérenne, en dehors des seules considérations financières, assure et rassure les collaborateurs, même en période de tempête. Il n’y a pas besoin de chercher bien loin : près de chez nous, on trouve des Novartis, des Roche ou des Ems Chemie ; un peu plus loin, on peut citer l’Oréal, LVMH ou Hermès ; au delà des océans, il y a Johnson & Johnson, Wal-Mart ou d’autres.

Cette âme de l’entreprise, en dehors de la sérénité qu’elle comporte, a un autre mérite, assurer un comportement boursier moins heurté, et fréquemment supérieur sur le moyen et long terme aux concurrents de leur branche respective. C’est un aspect dont on doit se souvenir en investissant, en évitant le sentiment de  panique tel que celui qui s’est emparé de certains lorsque les marchés chutaient. Se souvenir à ce propos de mars 2020 où, à l’annonce de la pandémie, des actions de qualité ont baissé de 10, 20, 30% parfois davantage sans raison objective. Le redressement spectaculaire qui s’ensuivit en atteste, et devrait rester gravé dans les mémoires.

 
17
Dec. 2020

La crypte est-elle hantée avant la fin de l’année ? 12.2020

By info_qh6785ez |   0 comments

Il y a près de 4 ans, en mars 2017, nous avions consacré une chronique aux crypto-monnaies, particulièrement au Bitcoin, dont le mode de création, moyennant la résolution d’une équation sans fin, à grand renfort de superordinateurs nécessitant une invraisemblable consommation d’électricité, laissait perplexe et dubitatif quant à l’usage et l’avenir de cette pseudo-devise.

Les années suivantes nous donnèrent raison en ce sens que le cours du Bitcoin, à l’époque aux alentours de 17’000 dollars, se vaporisa pour descendre aux alentours de 3’000 dollars dans des volumes de plus en plus rachitiques.

Le temps passa, l’atmosphère financière se modifia, devint de plus en plus abstraite au gré du mandat surréaliste de D.Trump, de toutes les extrapolations qui s’ensuivirent avec, en apothéose, la pandémie du Covid19. Après l’an 2000, le monde occidental s’était pourtant réhabitué à une certaine discipline budgétaire, aux USA, mais surtout au sein de la Communauté Européenne avec le respect des fameux critères de Maastricht.

Début 2020, en quelques mois, tout bascula. Adieu, la discipline, adieu la recherche de valeurs sûres et éprouvées. A partir du moment où on ne parle plus qu’en billions, en centaines de ces derniers, voire en milliers, la donne change quand on fait tourner la planche à billets à une vitesse supersonique. Comment peut-on donner encore une valeur intrinsèque à ces tonnes de papiers, aux USA, mais en Europe aussi ? Qu’est-ce qui fait la valeur d’une monnaie ?

Finalement, on ne sait plus de quoi on parle ; on jongle avec les milliards, un peu à l’instar de ces savants candides qui évoquent des astres découverts, situés à 400 ou 500 années lumières, comme s’ils se trouvaient à notre porte, en oubliant de rappeler que la lumière parcourt 300 mille kilomètres en une seconde ! D’ailleurs, au-delà de quelques millions de francs, de dollars ou de n’importe quelle autre devise, on ne peut même pas visualiser ou concevoir ce que cela représente.

Or, un seul milliard de dollars, de francs ou d’Euros en billets représente un poids de près de 10 tonnes !

Dans le calcul de la valeur intrinsèque d’une monnaie, oublions l’or, réduit à une peau de chagrin, ou des réserves de devises dont les fluctuations sont elles-aussi, tsunamesques (pardon pour le néologisme). On recourt alors à des subterfuges comme la puissance industrielle encore que celle-ci a, un peu partout, connu une forte contraction. Demeure la force militaire, mais n’est-elle pas aléatoire, car il faut payer les soldats et entretenir leur équipement et les installations ? Avec quoi ? Une monnaie de singe !

D’ailleurs, en dehors de ces circonstances particulières, des experts ont tenté de définir la réelle valeur du dollar, en tenant compte de l’inflation et du pouvoir d’achat des ménages. On arrive péniblement, exprimée en francs suisses, à quelques centimes. Le seul aspect relativement positif de ce recours incontrôlé et incontrôlable à l’emprunt, réside dans les taux extrêmement réduits, quoiqu’ il ne faille pas rêver, ces facilités ne seront jamais remboursées.

Cette explosion du recours à la planche à billets a créé un scepticisme à l’égard des monnaies traditionnelles, hormis peut-être le franc suisse qui est toujours considéré comme une devise à part.

Les investisseurs, surtout les plus jeunes, n’ont pas été indifférents face à ces évolutions ; d’ailleurs leur propension à épargner est pratiquement nulle dans la plupart des cas, les inconscients comptant naïvement sur des caisses de pensions confrontées à des taux de rendement avoisinant zéro, parfois moins.

Lorsqu’ils peuvent néanmoins investir quelques fonds, rares sont ceux qui se tournent vers des investissements classiques. L’or, par exemple, a quitté leur horizon depuis belle lurette, hormis les quelques pièces reçues parfois au baptême ou à leur mariage, et encore. Quant aux titres classiques style Nestlé, l’Oréal ou Roche, ils les considèrent comme poussiéreux, vestiges de la Belle Epoque de leurs grands-parents.

Quand ils le peuvent ou le veulent, ils jettent leur dévolu sur des instruments créés à l’envi par les banques ou les compagnies d’assurances, à grand renfort de commissions, la plupart du temps occultes. Les ETF (Exchange Traded Fund) par exemple ont la cote ; ils répliquent l’évolution d’un indice boursier. Mais qu’y a-t-il en toile de fond ? Le bon vouloir ou la discipline relative des établissements financiers qui en assurent le marché, à savoir l’offre et la demande, dans la mesure de leurs possibilités financières. Si ces dernières se tarissent pour une raison ou pour une autre, il n’y a plus personne, sans qu’on puisse supputer exactement, de qui de l’indice ou de l’ETF, va influencer le cours de l’autre.

Une conclusion rapide s’impose : le raisonnement des nouveaux investisseurs peut aisément s’accommoder d’une crypto monnaie, du moment qu’il existe, parait-il, des plateformes « assurant » l’évolution des cours, certes avec des dents de scie marquées, parfois même avec la disparition de ces « garants » qui spéculent pour leur propre compte, pas toujours avec succès. Avec la création convulsive de monnaies, on vit dans l’air, dans le virtuel au propre comme au figuré.

Un autre facteur joue en faveur de ces abstractions : le délire qui s’est emparé des « autorités financières » pour tout régler, tout régenter, tout observer à la loupe, tout retracer, tout vouloir documenter. L’humain est ainsi fait : plus vous voulez le mettre au pas, le suivre, le téléguider, l’espionner, plus il cherche à s’échapper de ses liens, à recouvrer sa liberté, et ce n’est peut-être pas plus mal. Avec un compte en bitcoins dont il peut user avec une simple tablette, l’intéressé échappe au carcan, au système bancaire inquisiteur et gourmand en commissions de transferts. Cerise sur le gâteau : dans la mise en œuvre du trop célèbre échange d’informations bancaires entre pays (entre parenthèses, sauf les USA !) : les comptes en bitcoins (valeur actuelle : 360 milliards de dollars !) ne seront pas rapportés.

C’est à se demander s’il ne se trame pas quelque part un gigantesque complot occulte ; pour l’avantage de qui ? Pour dissimuler quoi ? Pour doubler qui ? On ne le sait, mais cela laisse songeur! Avant de terminer et de former nos voeux pour 2021, rappelons cette phrase d’Einstein : « Le comble de la stupidité est le plus clairement démontré par l’individu qui se moque de quelque chose dont il ne sait rien. »

Soit dit en passant : En attendant, même si l’on n’y croit pas, pourquoi ne pas ramasser quelques bitcoins, simplement pour faire modestement partie du jeu ; On joue bien au loto, avec infiniment moins de perspectives de gain.

 
02
Dec. 2020

La capacité d’enthousiasme 12.2020

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Le moins que l’on puisse dire est que l’année 2020 laissera un souvenir lugubre.

Quel que soit le domaine considéré, elle aura battu des records que ce soit pour les atteintes à la nature, avec des incendies incontrôlables gigantesques, des inondations catastrophiques, des suicides collectifs de cétacés,  de graves dérapages politiques, aux USA en particulier, avec une fin d’ère présidentielle navrante, voire pathétique, sans compter les incroyables mouvements des bourses, au cours du printemps notamment, où l’on a pu croire que les marchés allaient se volatiliser et, bien entendu, en toile de fond, le Covid-19 qui a profondément modifié notre façon de penser, d’organiser notre quotidien et d’appréhender l’avenir, certainement pour longtemps.

Dans ce contexte, bien des personnalités ont pris la parole ou la plume sans qu’on puisse en déduire des conclusions constructives, à défaut d’être optimistes. Des films, des séries ont été consacrés à diverses nuances de gris qui semble être devenu la couleur de l’époque, tant du domaine privé que public.

Il fut un temps, pas si lointain où des entreprises étaient animées par des meneurs d’hommes pleins d’idées et de projets, et qui étaient souvent appelés à s’exprimer en dehors de leur strict terrain, faisant bénéficier une audience élargie de leur vision, de leurs projets, de leur prise de décisions, sur un ton convaincant et dépourvu de nuances. L’auditoire s’en trouvait galvanisé, remonté à bloc, comme on disait, et prêt à se lancer dans de nouvelles aventures.

Que sont devenus les Riboud, Citroën, Dassault, Michelin ou plus près de nous, J.L. Dumas, PDG d’Hermès ? Il y a bien encore un Bill Gates, vieil adolescent engoncé  et ankylosé  par son succès, ou Elon Musk, de Tesla qui impressionne surtout par ses délires ou ses péripéties financières rocambolesques ; ces deux ne sont pas de nature à susciter des vocations  ou faire s’épanouir des germes de génie endormi.

En fait,  à qui avons-nous affaire aujourd’hui ?

Dans le privé, à des produits du système, souvent d’inspiration anglo-saxonne, avec un jargon stéréotypé, impersonnel et bien entendu neutre, car le risque est à proscrire absolument sous peine d’exclusion. L’audace, parfois dangereuse, mais souvent synonyme de progrès, a fait place à la crainte, la crainte de sortir des ornières et de commettre une  faute fatale pour la carrière, à supposer que le concept existe encore.  Ce malaise, on le ressent dans les administrations, les banques, les assurances, même les garages ou les restaurants.

Le progrès dans l’Histoire en général, n’a jamais été le fait des conventionnels, mais de ceux qui ont osé voir ou entrevoir ou deviner au-delà des murs et des mers. Quant à la politique, les audacieux, ceux qui vous font rêver, entreprendre, oser, se lancer, appartiennent au passé. Le dernier en date fut peut-être Kennedy, plus près de nous B.Obama, à l’allure convaincante, un peu professorale, mais qui avait le don de séduire et de laisser entrevoir un avenir meilleur. Avant l’audace, il y a l’imagination, l’espoir, l’acceptation du risque et la foi dans ce que l’on entreprend, avec impétuosité, voire jubilation. Le tout forge l’enthousiasme, devenu denrée rare.

Mais que diantre vient faire l’enthousiasme dans une chronique dévolue à la finance ou aux investissements en général, et dans un  contexte où virtuellement le seul sujet de discussion ou de préoccupation à la mode est la pandémie ? Ce retrait sur soi, cette frustration reflète au public et au privé une mémoire courte. Dans notre brouillard psychologique commence pourtant de percer un rayon lumineux : on a trouvé des vaccins anti-Covid19 ; demain, il y en aura cinq, peut-être dix : la seule chose dont on  peut être certain, c’est que cela se terminera, dans trois, six ou douze mois. La capacité de la recherche humaine est sans limite si on y croit avec foi.

Alors que l’on imagine envoyer des hommes sur la planète Mars après un voyage fantastique, on ne peut imaginer ne pas à venir à bout d’un virus vraisemblablement bricolé dans un laboratoire qui l’a malencontreusement laissé s’échapper.

L’enthousiasme, c’est la capacité de chercher, d’obtenir un premier résultat même minime, d’en faire profiter les autres, de les encourager à poursuivre et persévérer, d’avoir la foi dans ce que l’on entreprend. Dans notre métier de gestionnaires et de conseillers, cette qualité, cette forme de pensée est à la base de l’activité.

Nous accueillons nos clients, y-compris les nouveaux avec enthousiasme et l’objectif de les épauler, d’accroitre leurs avoirs,  de leur faire comprendre que nous ne nous dérobons pas,  même dans les périodes difficiles où nous sommes là, forts de notre expérience et de notre confiance. Ce sentiment quasi euphorique, nous le partageons à la recherche de nouveaux investissements. Une fois repérés, nous les faisons connaitre parce que nous y croyons, croyons à des découvertes, à leur succès, à leur incidence sur la vie de l’entreprise et l’évolution des cours de cette dernière. L’enthousiasme n’a pas d’âge. L’un de nos bons amis, M.A. ancien président d’une banque privée de Paris, et qui va , comme on dit sur ses 90 ans, a gardé cette fraicheur d’esprit, de spontanéité et d’enthousiasme communicatif lorsqu’il étudie un nouvel investissement qu’il dissèque à l’os, avant d’en parler avec jubilation et conviction ; à notre niveau, nous tentons de maintenir cette forme d’esprit, résolument combative, et garante de succès afin d’en faire profiter notre clientèle.

Avant de terminer, rappelons cette pensée de Louis Pasteur : » Ce sont les Grecs qui nous ont légué le plus beau mot de notre langue : « enthousiasme » du grec « en Théo », un Dieu intérieur.

Soit en passant : pourquoi ne pas penser à NESTLE, la valeur thaumaturge par excellence ? La société fait un grand ménage dans ses investissements, élague les branches mortes peu rentables au profit de participations plus étoffées. A Frs. 102.-, loin de ses sommets, elle a un rendement de 2,60%.