10
Nov. 2020

La famille Addams et les Simpson 11.2020

By info_qh6785ez |   0 comments

Après une lutte âpre, sans merci et empreinte d’irrégularités, de menaces et de tours pendables de la part des Républicains,  les rondouillards de la famille Simpson-Biden (1)  sont parvenus à renvoyer les Addams-Trump (2) dans leur foyer. La campagne et surtout le dépouillement sans fin ne furent guère à la gloire de la « démocratie américaine », déjà  taillée en pièces par quatre années d’une présidence surréaliste.

Il ne faut pas cependant se réjouir trop tôt ; les Addams comportent dans leurs rangs un certain nombre de fantômes qui vont hanter longtemps les couloirs de  la Maison Blanche, et qui seront relayés à l’extérieur par des bandes de nazillons-marginaux,  adeptes bien entendu des armes, et qui comptent s’en servir dans ce qui pourrait s’annoncer comme une guerre civile appelée à perdurer. Par ailleurs, on le savait depuis de nombreux mois, le père Addams, comme un gamin boudeur, conteste une élection largement perdue, pour  se lancer dans un combat d’arrière-garde, dont le seul objectif sera d’entraver la bonne prise de fonction de son challenger vainqueur qu’il d’ailleurs grossièrement renoncé à féliciter bien que ce soit l’usage. Quitte à se mettre à dos les caciques de son parti, perturbés par ses positions outrancières, tous les moyens lui seront bons, les illégaux bien sûr, et les plus conventionnels par le truchement de tribunaux qui vont s’enliser dans des procédures sans fin, avec une première possible résultante, étonnante elle-aussi pour l’évincé, la direction intérimaire du pays par son ennemie jurée, Nancy Pellosi, chef du parti démocrate au Congrès. Pendant les semaines précédant son départ, il va s’employer à démantibuler davantage une administration déjà fortement chamboulée, et continuer de se comporter comme si de rien n’était.

Outre le pourrissement évoqué plus haut, il ne va rien se passer de positif aux Etats-Unis pendant une longue période, d’au moins une année, que l’on peut d’ores et déjà considérer comme perdue, socialement parlant. Un mauvais joueur doublé d’un mauvais perdant aura fini par déliter une société ébranlée par quatre ans de scandales, de bévues, de contre-vérités et de tweets incohérents. L’image du pays qui avait connu une courte embellie sous la présidence de B.Obama, avant de se re-caricaturer à sa suite, va devoir se redessiner très progressivement, trait après trait.

Et l’économie et la bourse dans tout ça ? Elles bénéficient, heureusement pour elles d’une formidable force d’inertie, à savoir que les grandes entreprises, oligopoles, de par la puissance financière qu’elles ont acquise, et le rôle social qu’elles sont amenées à jouer, se soucient relativement peu de la « chose politique » quelle que soit son orientation, à la condition cependant qu’elle ne sombre pas dans la dictature, option que nous avons failli frôler. La seule tendance dont nous soyons à peu près certains, en nous référant à l’histoire financière, est que les présidences démocrates sont généralement favorables aux marchés boursiers. De surcroit, un climat apaisé retrouvé ne sera pas du luxe, mais il prendra du temps avant de s’instaurer tant les lézardes sont profondes, en particulier avec la Chine.

Il ne faut pas se leurrer, dans le marécage qu’il découvre, M. Biden, fin négociateur,  va devoir s’avancer avec prudence en s’attelant à la mise en œuvre d’un véritable contrat social rassembleur, redonnant au peuple  des soins de santé véritablement universels, une éducation de qualité et une retraite décente, sans oublier de cesser de saccager irrémédiablement  la nature, ou de laisser en l’état déplorable, les infrastructures, les routes ou les aéroports notamment, bien en deçà des  niveaux de l’Europe ou du Canada. Dans ce but, M.Biden remontera le taux d’imposition des sociétés de 21 à 28%, ce qui est parfaitement supportable. En ce qui concerne les personnes privées, une révision à la hausse interviendra certainement à partir d’un revenu d’US Dollars 400’000.- . Que des Bezos, Zuckerberg ou Gates, sans oublier Buffett, passent enfin à la caisse ne fera pleurer personne, d’autant plus que nombre d’intéressés l’appelaient de leurs vœux depuis longtemps. Un objectif primordial du nouveau Président sera de tenter de combler le clivage profond de la société américaine dont les représentants sont parvenus à se haïr, avec un effet de dérapage en dehors des Etats-Unis, où ce manichéisme primaire a fini par gagner étrangement des esprits.  De notre côté de l’Atlantique, et singulièrement en Suisse, la sérénité équilibrée, confortée par l’arrivée d’un interlocuteur sérieux et objectif, se maintiendra heureusement et favorisera les investissements à moyen et long terme. .

Pour les plus de 40 ans :

(1) série TV américaine mettant en scène une famille avec sa petite vie bourgeoise.
(2) série TV, elle aussi, mêlant l’horreur et le grotesque, avec une famille à l’avenant.

Soit dit en passant : au cours de 77 francs suisses, l’action Novartis qui détient 30% de Roche a un rendement de 3,8 %

 
30
Sep. 2020

Paon d’or ou Pandore 10.2020

By info_qh6785ez |   0 comments
Nous vivons une période étrange, surprenante. Les raisons politiques ou sanitaires ont été évoquées suffisamment pour que nous n’y revenions pas. Ce qui retient cependant l’attention, c’est qu’une myriade de commentateurs, de gourous, de charlatans ou de spécialistes, souvent un synonyme, se lancent dans des digressions et des prévisions pour le moins déconcertantes.

Un grand nombre d’hypothèses concerne le secteur bancaire qui n’est guère épargné en ce sens que, par exemple, la proportion de notes de crédit assorties d’une perspective négative est déjà passée de 13% fin 2019 à plus de 60% à la fin du premier semestre 2020.

Les placements des établissements sont scrutés à la loupe et l’on y découvre des investissements en obligations de piètre catégorie, sans compter des crédits, surtout aux USA, consentis à coup de billions, à des sociétés pétrolières orientées vers le gaz de schiste ; quand on voit l’évolution négative du prix de l’énergie, on peut se poser des questions sur le remboursement de ces facilités.

D’une façon générale, un peu partout dans le monde, le secteur bancaire souffre aussi du niveau des taux d’intérêts, qui avoisine zéro, voire moins.

Un autre danger guette la corporation : la complicité fortuite ou voulue, de groupes mondiaux qui veulent prendre le relai des opérations de transferts, l’une des dernières pépites du monde bancaire, avec ses commissions exorbitantes.

Visa, Apple, Google, McDonald même, et beaucoup d’autres, ont l’œil sur ces opérations, à grand renfort de cartes d’accès permettant de court-circuiter les réseaux traditionnels et même de créer leur propre monnaie.

Les banques suisses en sont conscientes et on ne cesse d’évoquer des possibilités de fusion ou de rachat parfois déconcertantes. Dans un autre ordre d’idées, on évoque la possibilité d’abandonner les devises internationales, surtout le US dollar et les remplacer par d’autres, y compris les crypto monnaies dont le Bitcoin, toujours à l’affut et à la recherche de son destin.

A son sujet, sa structure de diffusion parallèle, le blockchain, est entrée dans les mœurs progressivement et est utilisée par un nombre croissant d’entreprises et même de particuliers.

Il risque de détruire lui-aussi une autre partie du tissu économique ; Uber par exemple. Avec le blockchain, le client d’un taxi pourra préalablement connaître, outre des renseignements déjà accessibles comme le trajet du conducteur, la liste des métiers qu’il a pu exercer, ses relations avec les compagnies d’assurance, l’état de la voiture et la preuve de son bon entretien ainsi que le nombre de courses déjà accomplies etc. Conséquence : l’entreprise Uber, de création récente, devenue inutile, disparaitra immanquablement.

v Au sujet des compagnies d’assurance, toujours dans le domaine des projections, mentionnons celle d’Alphabet, maison mère de Google, qui va encore plus circonvenir les clients au moyen de montres connectées ou de systèmes-mouchards installés dans les voitures, en mesure de se livrer à une analyse fine du conducteur, de ses capacités à la conduite, à sa manière de se déplacer, d’accélérer et de freiner sans oublier bien entendu la géolocalisation, avec à la clef, une influence sur les primes d’assurance et une démutualisation du système de couverture. Tesla et PSA sont déjà vivement intéressés.

A force de regarder sans voir les changements profonds de notre société, on ne se rend plus même compte de son évolution et de la disparition de pans entiers de l’économie. Des commentateurs se lancent sans broncher pour annoncer la disparition prochaine totale du commerce de détail au profit d’Amazon ; la conservation de données reviendrait presque intégralement à Google, la musique à Apple et Spotify, les médias à Netflix etc.

Le remplacement des conducteurs ne s’arrêtera pas aux véhicules privés, avec d’ailleurs un succès relatif jusqu’ici, mais s’étendra au transport par camions autonomes, ce qui est plus aisé, risquant de mettre au chômage des centaines de milliers de routiers, et sur les genoux, des Etats américains entiers dépendant en grande partie du secteur. D’ailleurs, le service postal américain vient de commencer de tester des camions autonomes sur un trajet de plus de 1’600 kilomètres entre Phoenix et Dallas, alors qu’un nombre incalculable d’usines sont déjà pratiquement entièrement robotisées.

Mêmes des cargos immenses destinés à traverser les océans, perdront la majeure partie de leur équipage, sauf un team de surveillance, au profit d’un système d’autoguidage.

Dans un ordre d’idées totalement différent, on parle aussi de l’intention cachée du gouvernement américain de s’octroyer, au détriment de la Fed, le pouvoir de créer de l’argent à qui on donnerait un autre nom, United States Money par exemple. En préambule, nous avions pris le parti de ne pas évoquer la pandémie et, pourtant ses conséquences ne seront pas que médicales, mais sociales, et cela a déjà commencé ; l’habitude de se faire livrer des repas ou n’importe quoi d’autre, sans avoir à se déplacer, en témoigne.

Mais, l’innovation la plus pernicieuse est sans contexte le travail à domicile, déjà évoqué dans une autre chronique. Il isole les intéressés, les « autiste », interdit les contacts et, partant, la possibilité de s’améliorer, et encore sans prendre en compte la volonté sous-jacente des entreprises de couper dans leurs frais fixes et de «larguer» tôt ou tard une majeure partie de leur personnel, après avoir aliéné d’immenses bâtiments quasi historiques, comme dernièrement à Genève.

Les visionnaires spéculateurs mentionnés plus haut ne sont pas de doux rêveurs mais des réalistes cyniques. Le monde change, bouleverse, réforme et remet en question sans arrêt ; considérons un métal banal auquel nous n’accordons guère plus d’importance : l’aluminium. A l’époque de Napoléon, son élaboration était si complexe et coûteuse que son prix dépassait alors celui de l’or; en moins de deux siècles, la donne a changé, on connait la suite.

Nous voyons tous le train qui fonce tout droit vers nous à toute vitesse sans que nous bougions d’un iota. Osons faire un saut salvateur afin d’amortir le choc !
 
01
Sep. 2020

« Rundumfeuer » 09.2020

By info_qh6785ez |   0 comments
Il y a peu de gens qui peuvent comprendre la signification de ce germanisme à la consonance barbare, qui trouverait pourtant bien sa place dans un cabaret de Washington, s’ils existent, et dans la bouche d’un chansonnier, s’ils survivent.

Seuls les férus d’histoire militaire peuvent en saisir la portée ; il s’agit d’une mitrailleuse lourde, invention allemande datant de 1944, qui avait la particularité de tourner sur elle-même à 360° et d’« arroser », en détruisant, tout ce qui était à sa portée.

L’adéquation est aisée ; l’échéance du mandat présidentiel s’approchant, on peut commencer à dénombrer les victimes, internes et internationales. Tout le monde y a passé : les gens de gauche bien sûr, les démocrates, c’est normal, les opposants dans le parti républicain, c’est curieux, plus les noirs, les protestataires de tout poil, les gays, sans omettre l’entourage immédiat qui avait osé lever des yeux incrédules, voire inquiets vers le grand orangé, avant d’être expulsé par un tweet rageur.

À l’extérieur, l’hécatombe est encore plus dense : la Chine bien sûr, accusée de tous les maux, dont naturellement le Covid-19, plus des reproches surréalistes relatifs à la concurrence commerciale du pays : pourtant, il suffit de parcourir les rayons d’un grand magasin new yorkais en examinant les rayons pour s’apercevoir qu’une majorité d’articles sont « made in China », mais à qui la faute ? Aux Chinois ou aux entreprises américaines qui ont recouru sciemment et d’une façon totalement antipatriotique, à une main d’œuvre asiatique meilleur marché ?

Parmi les autres victimes de cet ostracisme on trouve le Canada, spectateur proche et dépourvu d’aménité et qui ne s’en laisse pas conter, ou les Européens soi-disant profiteurs. Ne parlons pas des organisations internationales, boucs émissaires idéaux pour expliquer les déconvenues d’outre-Atlantique et sa mise à l’écart, alors que la nouvelle donne du Covid-19 a bouleversé les cartes. En quelques semaines, les Américains se sont réveillés membres d’un Etat devenu défaillant, avec un gouvernement dysfonctionnel et incompétent, largement responsable du taux de mortalité. (la population américaine représente 4% de la mondiale, ses morts du Covid-19, 20%).

Durant deux siècles, les Etats-Unis avaient suscité un vaste éventail disparate de sentiments dans le monde ; amour, crainte, envie, haine ou mépris. Il n’y a qu’une seule émotion qu’ils n’aient jamais engendrée : la pitié, avec son récent corollaire d’attente fébrile de fournitures de base en provenance de Chine ou d’ailleurs. Et pourtant, le pays avait eu son heure de gloire après la deuxième guerre et son fantastique effort de guerre dont on ne parle plus (un Libety ship construit en 4 jours et demi !) S’élabora alors une classe moyenne dynamique, propriétaire d’une maison et d’une voiture, en mesure d’envoyer les enfants dans de bonnes écoles. C’était avant que les disparités économiques béantes et les inégalités sociales deviennent la règle. L’histoire a ses paradoxes. Pratiquement démilitarisés à la veille de la seconde guerre mondiale, les Etats-Unis ne se sont jamais retirés à la suite de la victoire. et n’ont pas connu une journée de paix, à telle enseigne que leurs troupes sont présentes dans plus de 150 pays.

Ce bellicisme s’est importé dans le pays, et il est inutile de revenir sur les assassinats dans les rues ou les universités, sans prendre en compte les milices privées ; mais à quoi s’attendre avec un président qui vit pour cultiver les ressentiments, diaboliser ses adversaires et valider la haine ? Son principal outil de gouvernance est le mensonge ; depuis son accession au pouvoir, le nombre de distorsions verbales et de fausses déclarations dépasse les 20’000 !

Mais où va-t-on ? Dans moins de 100 jours se déroulera (peut-être) l’élection présidentielle avec son système de vote moyenâgeux aux résultats imprévisibles, tant tronqués peuvent-ils être. Espérons qu’il y aura un sursaut sous peine de devoir affronter une autre période de grands malheurs irréparables.

Certes Joe Biden ne suscite pas un très grand enthousiasme : on lui demande simplement de la sérénité, du respect, du bon sens et de l’empathie pour ceux qui souffrent dans leur vie quotidienne. Son choix de Kamala Harris comme colistière est excellent ; il s’agit d’une femme brillante et non pas d’un porte-serviette comme actuellement.

Le fait que le candidat puisse encore compter sur les conseils de son ex-patron est aussi de bon augure. Espérons que la raison l’emportera massivement en novembre, et n’oublions pas que dans la majorité des cas, contrairement à ce l’on suppute, les marchés boursiers ont statistiquement parlant, un meilleur comportement pendant les présidences démocrates que républicaines ; n’en déplaise à qui vous savez.
 
30
Jul. 2020

Au secours, le plastique nouveau revient 08.2020

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Il y a quelques semaines, nous avions consacré une chronique mensuelle au plastique, découverte géniale à ses débuts, remontant à prés de 70 ans, mais qui, au gré du temps, s’est transformée en une hydre étouffante, au propre et au figuré, asphyxiant même une partie des océans, puisqu’une couche épaisse recouvre la mer, grosso modo, d’Hawaii jusqu’aux côtes californiennes.

Le monde commence à s’en émouvoir et s’est mis à la recherche de moyens techniques pour contrer ce désastre. Des sociétés en ont même fait un objectif industriel comme Carbios, société verte française de taille moyenne, et qui élabore des enzymes en mesure de recycler les polymères plastiques ainsi que les textiles. Deux enzymes ont été mis au point, l’un à inclure dans le plastique fabriqué et qui aboutit à se destruction totale au bout de quelques semaines, et un second, en mesure de détruire rapidement les quantités accumulées sur l’eau et à la surface des terres. Nous l’avions évoquée dans la chronique précitée et constatons que son cours à la bourse de Paris a augmenté de plus de 200 % depuis le début de l’année : de grandes sociétés, impliquées dans ces problèmes, comme l’Oréal, ont d’ailleurs pris une participation importante dans l’entreprise.

Le Covid-19 dont les méfaits ne sont plus à décrire a joué un certain rôle dans la diminution des emballages en plastique, régression malheureusement compensée par une version sophistiquée du produit, l’explosion des moyens de payement dans cette matière. Les partisans de l’abandon du cash s’en sont donnés à cœur joie, au moyen d’explications pseudo-scientifiques selon lesquelles le papier monnaie serait un puissant véhicule de la transmission du virus, ce qui n’a de loin pas été prouvé.

A maintes reprises, nous avons insisté sur tout le mal que nous pensions de l’abandon total du cash au profit des cartes. Mais comme le disait un amuseur belge, beaucoup de jeunes sont « nés niais » et tellement absorbés, voire subjugués par leur I-Phone ou autre portable, qu’ils ne perçoivent pas le danger accru que court notre Société de se voir de plus en plus embrigadée dans un vaste réseau de contrôle des moindres faits et gestes, au profit de vastes courants commerciaux qui ne peuvent que se réjouir d’obtenir, avec la complicité naïve des intéressés, leur profil détaillé, non seulement en vue de les faire dépenser davantage –ne parle-t-on pas de cartes de crédit ? – mais de les contraindre à consommer davantage selon un schéma bien défini et sans cesse affuté. Les banques sont ravies de se débarrasser des opérations de cash, trop lourdes et coûteuses à leur gré, au profit de distributeurs de plus en plus pingres, et qui risquent de disparaître à leur tour. Les succursales de banque dépourvues de guichets de prélèvement sont en constante augmentation sans que les clients rechignent, ce qui traduit déjà leur abêtissement inconscient.

On s’est assez gaussé en son temps de « 1984 » pour ne pas voir la mise en application progressive des tendances qui y étaient décrites avec cynisme et prescience. Il est grand temps qu’une société qui ne bronche plus devant les caméras de surveillance au coin des rues, de la percée insistante du recueil des données anthropométriques, soi-disant pour fluidifier notre mode de vie, récemment – ce qui se conçoit- de la prise de température à l’entrée de certains bâtiments, se reprenne en main avant de succomber à une totale docilité impavide.

Heureusement, on note des frémissements réactifs : la Suède qui s’enorgueillissait d’abolir totalement le cash, revient progressivement en arrière face à l’incompréhension grandissante de ses concitoyens ; de ci de là, retentissent d’autres cris d’alarme. En espérant qu’il ne s’agira pas seulement de clameurs dans le désert, mais d’un retour à une réalité raisonnable qui a fait ses preuves pendant des siècles, au prix de lourds et constants sacrifices.
 
30
Jun. 2020

Une fois n’est pas coutume 07.2020

By info_qh6785ez |   0 comments
Une fois n’est pas coutume; nous n’allons pas parler en long et en large de cette pandémie qui empoisonne nos vies depuis le début du printemps ni de l’écho qu’elle suscite dans les médias qui apparemment n’ont plus d’autres sujets à traiter, hormis les “trumperies”, lassantes elles-aussi, encore qu’aux USA, les deux questions soient intimement liées ; une majorité d’ Etats ont déjà constaté que la sortie au galop du confinement avait une conséquence irréductible, une nouvelle poussée des cas, entraînant un clivage parmi les politiciens et même au sein des partis, surtout le républicain, qui commence de se déliter. Rappelons l’épisode chorégraphique de l’église Saint-John et de la bible brandie d’une façon théâtrale, ce qui n’a pas eu l’heur de plaire à nombre de personnalités présentes contre leur gré, et qui ont regretté d’avoir été ainsi bernés.

Accordons-nous donc un entracte et revenons à notre métier de base, la gestion de fortune, en faisant le point après des mois chaotiques, -il suffit de voir la cascade de Wall-Street en mars, ou plus près de nous, le 11 juin-, et mettons en exergue le comportement des valeurs que nous suivons en les comparant avec leurs indices de référence.

Maintes fois nous l’avons souligné, trois secteurs retiennent notre attention : en priorité, l’alimentation, puis l’industrie pharmaceutique et dans une moindre mesure, le luxe qui, entre parenthèses, n’a pas démérité en dépit de toutes les prévisions pessimistes le concernant. De façon à éviter un éparpillement non représentatif, nous avons retenu 4 à 6 principales valeurs des secteurs sélectionnés, et calculé la performance moyenne de chacun d’eux en la comparant à l’indice boursier du ou des pays concerné(s)

Dans l’alimentation suisse, nous sélectionnons comme d’habitude : Nestlé, Emmi, Lindt, Villars et Barry Callebaut. Les quatre premières sont connues de tous alors que Barry Callebaut qui est pourtant le leader mondial dans la fabrication de produits à base de cacao et de chocolat, l’est moins. Nestlé, inchangée, est naturellement la principale composante de la sélection laquelle a cédé moins de 8% (sans tenir compte des dividendes) depuis janvier par rapport à moins 5% pour l’indice SMI.

Au niveau des chimiques-pharmaceutiques, nous avons retenu Givaudan, Lonza, Novartis, Roche et Vifor, toutes reconnues, hormis peut-être Lonza que d’aucuns cantonnent encore uniquement à la production d’engrais et de fertilisants alors qu’en dix ans, elle s’est progressivement transformée en une pharmaceutique de pointe, courtisée pour ses produits d’exception par une multitude d’entreprises de la branche, surtout en biotechnologie. En ce qui nous concerne, cette sélection a crû de 14% en 6 mois. Dans ce domaine, Novartis est l’un de nos principaux investissements.

Abordons maintenant le dernier compartiment favori, celui du luxe qui comprend Hermès, Kering, l’Oréal, LVMH et Moncler. Au fil du temps, nous avons fortement réduit la part helvétique, essentiellement Richemont et Swatch que nous jugeons par trop volatiles. Ce panachage, en majeure partie français, s’est réduit de moins de 1% tandis que l’indice CAC cédait 16% et l’Euro stock 50 environ 13%. La palme revient à Hermès qui ne s’est pas égarée dans une multitude de produits disparates, mais s’est consacrée à ses métiers de base sous l’auvent d’une famille homogène qui n’a pas oublié sa mésaventure avec M. Bernard Arnault d’il y a quelques années. A ce jour, elle fait état d’une progression de 12% pour les six premiers mois et représente l’une de nos principales positions du secteur. Une mention spéciale aussi pour l’Oréal dont les ventes en ligne ont explosé durant le Covid-19.

Il ne faut pas s’étonner que dans cette revue ne figure aucun titre américain. Nous avons progressivement quitté ce marché en raison de l’écheveau de dispositions contraignantes et inquisitrices de l’administration qui s’étendent même aux successions, ce que nombre de banques feignent d’ignorer en laissant les héritiers de valeurs d’outre Atlantique s’embourber face à des enquêteurs voraces et fouineurs.

Cette courte rubrique n’a pas la prétention d’être un panorama immuable mais plutôt un instantané après 6 mois tumultueux pour les raisons évoquées en préambule. Dans l’avenir, des paramètres, des modifications devront certainement être pris en compte, notamment dans la perspective des élections de novembre, si elles ont lieu !

NB. Les cours et indices sont du 26 juin 2020